Le système financier de la Russie était en état de quasi-paralysie mardi à la suite de la dévaluation de facto du rouble, alors que les banquiers russes tentaient d’éviter un effondrement total de ce secteur de l’économie. La Banque centrale russe s’efforçait de faire redémarrer le système de paiements interbancaires qui a été gelé à la suite de la dévaluation. Elle a apporté son soutien à un «pool» de 12 établissements — les plus importants du pays — qui tentent de faire repartir entre elles les circuits de financement pour mettre fin à une crise aiguë des liquidités. La Banque centrale s’est jusqu’au bout battue contre une dévaluation, par souci notamment de protéger les banques qui ont conclu un énorme montant de contrats à terme en dollars risquant d’entraîner leur faillite à la suite de la dévaluation. «Il va y avoir un effondrement de la majorité du secteur bancaire», avertit Jeff Robins, un économiste de Renaissance Capital. Selon certains experts, seulement 100 à 200 banques sur un total de 1.500 devraient survivre à la crise. Pour limiter les dégâts, le gouvernement a instauré un moratoire de 90 jours sur les engagements à l’étranger des banques russes et a fermé le marché des bons du Trésor qu’il s’est engagé à restructurer en fonction du nouveau cours du rouble. La Banque centrale a annoncé mardi avoir convoqué les responsables des banques russes et étrangères concernées par le moratoire à une réunion lundi prochain pour rechercher «une solution basée sur les lois du marché» à ce problème. Les experts craignent une aggravation de la crise des liquidités, en raison notamment de retraits de leur épargne par les particuliers. L’ampleur de la crise demeure cependant difficile à évaluer en raison du manque de détails sur les récentes décisions du gouvernement d’aide au secteur bancaire. «Le programme annoncé hier a été concocté à la va-vite, sans beaucoup de réflexion», souligne Jeff Robins. «La plupart des organismes de crédit attendent toujours des clarifications, notamment sur le fait de savoir si le moratoire est obligatoire ou non», a ajouté cet expert. «Mon sentiment est qu’à tous les niveaux, il y a beaucoup de choses qui n’ont pas encore été décidées», ajoute Margot Jacobs, une économiste auprès de la société russe United Financial Group. «Personne ne sait comment les GKO (bons du Trésor) vont être restructurés, ce qui aura des conséquences sur toutes les banques détenant des obligations d’Etat», a-t-elle ajouté. Le plan de restructuration de la dette intérieure doit être annoncé aujourd’hui. (AFP)
Le système financier de la Russie était en état de quasi-paralysie mardi à la suite de la dévaluation de facto du rouble, alors que les banquiers russes tentaient d’éviter un effondrement total de ce secteur de l’économie. La Banque centrale russe s’efforçait de faire redémarrer le système de paiements interbancaires qui a été gelé à la suite de la dévaluation. Elle a apporté son soutien à un «pool» de 12 établissements — les plus importants du pays — qui tentent de faire repartir entre elles les circuits de financement pour mettre fin à une crise aiguë des liquidités. La Banque centrale s’est jusqu’au bout battue contre une dévaluation, par souci notamment de protéger les banques qui ont conclu un énorme montant de contrats à terme en dollars risquant d’entraîner leur faillite à la suite de...
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