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Actualités - Chronologie

Ruée vers le dollar à Moscou

La population russe, prise au piège par la dévaluation brutale du rouble, tentait mardi sans affolement de changer ses roubles en dollars, bien que nombre de bureaux de change aient suspendu leurs opérations faute de liquidités. Devant une succursale de la banque Menatep, une trentaine de personnes faisaient la queue mardi matin pour retirer leurs économies en rouble et acheter des dollars. Mais la porte de la banque était fermée, et des gardiens agressifs filtraient les entrées, laissant passer une personne toute les quinze minutes. «Les banques ne remplissent pas leurs obligations envers nous, ils ne nous traitent pas comme des clients mais comme des voleurs», s’insurge Surgueï. «Nous finirons par retirer l’argent de nos comptes et nous ne répéterons plus cette expérience», ajoute-t-il. «Bien sûr, je m’intéresse à ce qui va se passer, mais je ne suis qu’un acteur passif, je sais que rien ne dépend de moi personnellement», soupire un autre client. Dans cette succursale vers 11h30 (07h30 GMT), le dollar s’achetait à 8 roubles; Au cours de l’après-midi, le cours du dollar a franchi la barre des neuf roubles presque partout. Il atteindra même 15 roubles — record observé mardi — au point de change d’un centre commercial du centre-ville. Mardi, la police fiscale a commencé à patrouiller dans les grandes villes du Russie pour vérifier les cours appliqués par les bureaux de change, afin d’empêcher des hausses de cours spéculatives. «La dévaluation était trop brutale, mais n’était pas une surprise», commente calmement Irina, à un guichet de la Most-Bank, «depuis de longs mois on nous assure qu’il n’y aura pas de dévaluation, et du jour au lendemain tout change», dit cette jeune femme à la recherche de roubles pour faire ses courses. «Hier (lundi) encore Boris Fiodorov (nommé lundi vice-premier ministre) déclarait qu’une dizaine de banques garantiraient le cours de 6,45 roubles pour la vente d’un dollar, mais mardi à midi, certaines banques nous achètent les dollars contre le cours scandaleux de 6,09 roubles». Comme Irina, la grande majorité des Russes changent chaque mois leur salaire en dollars, et conservent leurs économies en billets verts dans des bas de laine. «Mais nos salaires sont tellement maigres qu’il n’y a pas grand chose à perdre», assure une babouchka coiffée d’un fichu dans un magasin. Tout le monde, désormais, atteint avec angoisse la hausse des prix et la valse des étiquettes, bien que le prix des produits alimentaires — importés à 90% à Moscou — soit resté stable mardi. «Notre gouvernement est une équipe de mauvais étudiants qui n’ont jamais rien compris à l’économie», s’insurge pour sa part Piotr, agent d’assurance, devant un bureau de change affichant le dollar à 8 roubles à la vente mardi matin vers 11h30. «Eltsine, Kirienko (le premier ministre) et leur entourage sont ridicules et comiques, mais malheureusement nous sommes les cobayes de leurs expériences», ajoute-t-il. Mardi, le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda prodiguait quelques conseils à ses lecteurs: «Considérez que vous êtes pris dans un tourbillon. Ne luttez pas, attendez. Quand il perdra un peu de force, vous pourrez alors surnager». (AFP)
La population russe, prise au piège par la dévaluation brutale du rouble, tentait mardi sans affolement de changer ses roubles en dollars, bien que nombre de bureaux de change aient suspendu leurs opérations faute de liquidités. Devant une succursale de la banque Menatep, une trentaine de personnes faisaient la queue mardi matin pour retirer leurs économies en rouble et acheter des dollars. Mais la porte de la banque était fermée, et des gardiens agressifs filtraient les entrées, laissant passer une personne toute les quinze minutes. «Les banques ne remplissent pas leurs obligations envers nous, ils ne nous traitent pas comme des clients mais comme des voleurs», s’insurge Surgueï. «Nous finirons par retirer l’argent de nos comptes et nous ne répéterons plus cette expérience», ajoute-t-il. «Bien sûr, je...