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Actualités - Chronologie

L'électricité de Kinshasa contrôlée par la rebellion

Le barrage d’Inga à 400 km au sud-ouest de Kinshasa, dont le contrôle a été annoncé par le chef militaire de la rébellion, assure habituellement l’approvisionnement en électricité de la capitale de la République démocratique du Congo. Kinshasa est toujours privée d’électricité, suite à la coupure générale survenue jeudi vers 14h00 GMT au barrage après sa prise par les rebelles. Le plus grand complexe hydroélectrique du pays (1.750 MW de capacité) alimente aussi les centres de production minière de l’entreprise Gecamine, principale compagnie minière de RDC, et partiellement la province du Katanga au sud-est, et Brazzaville, la capitale du Congo voisin. Le barrage d’Inga est situé sur la rivière Inga, dans la province du Bas-Congo (RDC). La construction du barrage fut l’une des premières décisions de l’ancien président Mobutu Sese Seko, lors de son arrivée au pouvoir en 1965. Le premier coup de pioche était donné trois ans plus tard. La première tranche, la centrale de Shongo est achevée en 1972. La seconde, onze ans plus tard. Une grande partie de l’énergie produite par le barrage d’Inga est destinée à alimenter l’expansion des exploitations minières dans la région du Shaba. La transmission de l’énergie depuis Inga jusqu’au centre minier de Kolwezi (Shaba, est du pays) est assurée par une ligne de haute tension à courant continu et longue de 1.700 kilomètres. Placé dans un coude très accentué du fleuve Zaïre, le site du barrage d’Inga est constitué par une série de rapides totalisant 96 mètres de chutes entre l’île de Sikila et le confluent de la Bundi sur une distance de 15 km. Le débit du fleuve y est remarquable par sa puissance (43.000 mètres3 par seconde). Par ailleurs, la rébellion congolaise a dévoilé le nom de ses dirigeants et son programme, en insistant sur sa représentativité nationale et son engagement dans une future voie démocratique pour le Congo. Ernest Wamba, originaire du Bas-Congo, est président du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), la branche politique de la rébellion contre le président de la République démocratique du Congo Laurent-Désiré Kabila. Ce choix «résulte d’une volonté de montrer que notre combat n’est pas celui d’une région, mais celui de tous les Congolais», a expliqué Arthur Zahidi Ngoma. Lui-même originaire de la province orientale du Maniema, il avait d’abord été désigné comme le chef politique de la rébellion, mais n’a aucun poste dans la nouvelle structure. Deux des principaux leaders de la rébellion, Bizima Karaha, ancien ministre des Affaires étrangères du président Kabila, et Déogratias Bugera, ancien président de l’ADFL (l’Alliance qui a porté M. Kabila au pouvoir), sont originaires du Kivu. Ils sont Banyamulengue, tutsis d’origine rwandaise, ils ont participé en première ligne à la victoire contre Mobutu et s’affirment aujourd’hui déçus du nouveau régime. Conscient du reproche d’être trop lié aux Banyamulengue ou au régime rwandais, le RCD a appelé dans sa déclaration politique le peuple congolais à opposer «une résistance farouche à toute tentative de division tribale, de violence, d’intolérance et autre appel au meurtre». Quant à une implication rwandaise dans la rébellion, elle a été écartée d’un revers de main par Déogratias Bugera. «Le Rwanda a ses problèmes qu’il n’arrive même pas à régler, comment et avec quoi voulez-vous qu’il intervienne ici?», a-t-il affirmé. La composition des troupes rebelles veut aussi refléter la diversité congolaise. «Les Banyamulengue composent l’une des 317 tribus qui vivent au Congo, il y en a parmi nous, mais il y a aussi des Katangais, des Bas-Congo, des Babembe, tous les groupes du pays qui veulent chasser Kabila», selon le chef militaire de la rébellion Jean-Pierre Ondekane. Il est lui-même originaire de la province de l’Equateur, de même que l’un de ses principaux adjoints, en charge du renseignement militaire, le commandant Sylvain Buki. «Cette révolution est avant tout congolo-congolaise. Moi je suis originaire de la province orientale. Je ne me bats pas pour elle, mais pour le peuple du Congo», explique de son côté le commandant Marcel Asendre, 49 ans, ancien capitaine des Forces armées zaïroises. La majorité de la troupe et des officiers favorables à la rébellion, stationnés à Goma et dans ses environs, est composée de soldats venus de toutes les régions du pays, au gré des affectations de l’état-major. «Le commandant Buki a certes passé près d’un mois à Kigali avant l’insurrection, mais cela n’en fait pas un Rwandais», souligne l’un de ses collègues. Originaire du Katanga (sud de la RDC), la province natale de Laurent-Désiré Kabila, le commandant Emile Michial, 39 ans, refuse également «la lecture tribaliste de la révolution». «On pourrait dire que je suis un Angolais: j’ai passé 23 ans en exil là-bas sous Mobutu. Je suis rentré avec Kabila en 1997. Nous étions venus pour la libération, mais Kabila nous a déçus en développant le tribalisme. Cette fois on veut aller jusqu’au bout de la révolution congolaise». (AFP-Reuters)
Le barrage d’Inga à 400 km au sud-ouest de Kinshasa, dont le contrôle a été annoncé par le chef militaire de la rébellion, assure habituellement l’approvisionnement en électricité de la capitale de la République démocratique du Congo. Kinshasa est toujours privée d’électricité, suite à la coupure générale survenue jeudi vers 14h00 GMT au barrage après sa prise par les rebelles. Le plus grand complexe hydroélectrique du pays (1.750 MW de capacité) alimente aussi les centres de production minière de l’entreprise Gecamine, principale compagnie minière de RDC, et partiellement la province du Katanga au sud-est, et Brazzaville, la capitale du Congo voisin. Le barrage d’Inga est situé sur la rivière Inga, dans la province du Bas-Congo (RDC). La construction du barrage fut l’une des premières décisions de...