Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'inévitable parallèle avec le Watergate

Quelques jours à peine après le début de l’affaire Lewinsky en janvier dernier, le terrible mot de «impeachment» — destitution — était évoqué, faisant surgir l’inévitable parallèle avec le scandale du Watergate. Mais la plupart des experts minimisent les similitudes entre l’affaire du Watergate, il y a vingt-quatre ans, qui forçait pour la première fois un président américain à démissionner, et le scandale sexuel qui ternit aujourd’hui la Maison-Blanche. En 1974, l’affaire du Watergate entraîne la démission dans le déshonneur du président Richard Nixon, qui avait tenté d’étouffer son rôle dans la pose de micros-espions et l’organisation d’un cambriolage au siège du parti démocrate, dans l’immeuble du Watergate à Washington. Avant que le Congrès ne puisse se prononcer — la commission judiciaire de la Chambre avait voté en faveur de la destitution — le président Nixon avait choisi de démissionner. Il devait être ensuite gracié par son successeur, le président Gerald Ford. Sept de ses collaborateurs devaient être pour leur rôle dans le cambriolage et leurs tentatives de faire obstruction à la justice. Le seul vrai parallèle entre les deux affaires reste celui du privilège de l’exécutif, invoqué par les deux présidents et refusé dans les deux cas par la Cour suprême. Dans l’affaire Lewinsky, le président Clinton a invoqué le «privilège de l’exécutif» pour garder secrète la teneur de discussions avec certains collaborateurs. Richard Nixon avait, au nom du privilège de l’exécutif, refusé de remettre des enregistrements réclamés par la justice. Même si toutes les accusations portées contre Bill Clinton étaient prouvées, elles n’approcheraient pas, même de loin, l’importance de ce qui s’est passé durant le Watergate, estiment généralement les spécialistes. Dans l’affaire Monica Lewinsky, Kenneth Starr a enquêté sur des possibles parjures, obstruction de la justice et subornation de témoin de la part de M. Clinton dans le cas d’une relation sexuelle avec une jeune stagiaire. L’affaire du Watergate portait sur des crimes graves comme celui de cambriolage, versement de fonds pour acheter le silence des conspirateurs, utilisation de la CIA pour tenter de bloquer l’enquête du FBI et plus généralement l’abus de pouvoir d’un président en exercice. C’est paradoxalement l’affaire du Watergate qui a mené à la création de la fonction de procureur indépendant, incarné aujourd’hui par l’implacable Kenneth Starr. Mais personne n’aurait imaginé à l’époque qu’un procureur indépendant utiliserait un jour son formidable pouvoir et 40 millions de dollars des contribuables américains pour enquêter sur les frasques sexuelles d’un président. (AFP)
Quelques jours à peine après le début de l’affaire Lewinsky en janvier dernier, le terrible mot de «impeachment» — destitution — était évoqué, faisant surgir l’inévitable parallèle avec le scandale du Watergate. Mais la plupart des experts minimisent les similitudes entre l’affaire du Watergate, il y a vingt-quatre ans, qui forçait pour la première fois un président américain à démissionner, et le scandale sexuel qui ternit aujourd’hui la Maison-Blanche. En 1974, l’affaire du Watergate entraîne la démission dans le déshonneur du président Richard Nixon, qui avait tenté d’étouffer son rôle dans la pose de micros-espions et l’organisation d’un cambriolage au siège du parti démocrate, dans l’immeuble du Watergate à Washington. Avant que le Congrès ne puisse se prononcer — la commission...