Le gouvernement allemand prévoit une accélération de la croissance cette année et en 1999, toutefois insuffisante pour permettre une baisse significative du chômage à même d’aider le chancelier Helmut Kohl à décrocher un 5e mandat aux élections générales du 27 septembre. Le ministre de l’Economie, Guenter Rexrodt, table sur une croissance de 2,9% du Produit intérieur brut (PIB) en 1998 et entre 3 et 3,1% en 1999. Et il a prédit 350.000 chômeurs de moins à la fin de cette année par rapport à la fin 1997, révisant positivement une précédente prévision du printemps dernier, où il misait sur une diminution de 300.000. L’amélioration de la conjoncture en Allemagne n’est pas un «feu de paille», mais «une évolution persistante», a estimé mardi M. Rexrodt en présentant son rapport bi-annuel sur la situation économique. «Le tournant sur le marché de l’emploi est là», a-t-il assuré. Ces pronostics ont été accueillis froidement par l’opposition et la plupart des analystes. «Si à quelques semaines des élections, un gouvernement déclare que le soleil brille, alors que de ma fenêtre je vois qu’il pleut, je ne vais certainement pas voter pour lui. Les gens ne sont pas dupes», a estimé Holger Fahrinkrug, analyste à la banque Warburg Dillon Read. «Tout le monde peut voir clairement que le ministre de l’Economie essaye seulement d’embellir la situation», a réagi de son côté un porte-parole des sociaux-démocrates (SPD), principale force d’opposition au gouvernement du chancelier Helmut Kohl. «Les prévisions présentées mardi ne changeront rien au résultat des élections de septembre», a ajouté M. Fahrinkrug. Le président de l’Office fédéral du travail, Bernhard Jagoda, s’est pourtant fait l’écho de ces prévisions optimistes, en estimant mardi que le nombre de chômeurs en Allemagne pouvait descendre sous la barre des 4 millions cette année, comme l’a récemment prédit le chancelier Helmut Kohl. En juillet, l’Allemagne comptait 4,134 millions de chômeurs, soit 10,7% de la population active en données brutes. Le mois d’août pourrait déjà laisser voir un petit recul du chômage, a déclaré M. Jagoda. L’opposition et les analystes ont déjà souligné à maintes reprises que la baisse du chômage était pour une bonne part due aux récentes mesures pour l’emploi prises par le gouvernement. «A l’Est, l’ancienne RDA, l’amélioration actuelle est uniquement due aux emplois subventionnés plus nombreux qu’avant. A l’Ouest en revanche, la conjoncture a donné un coup de pouce», a estimé M. Fahrinkrug. Les fruits de la croissance enregistrée en 1997 et 1998 devraient continuer à se répercuter sur le marché de l’emploi en 1999, estiment les analystes. «Reste à savoir comment réagiront les entreprises si les crises asiatique et russe s’accentue», a toutefois déclaré l’un d’eux. M. Rexrodt table sur une croissance entre 3 et 3,1% en 1999, «même s’il y a pour cette période des facteurs d’incertitude provenant de l’Asie et de la Russie. En 1997, le PIB en Allemagne avait augmenté de 2,2%». Les développements de ces deux régions en crise représentent encore des «dangers» pour l’activité économique mais ils sont «maîtrisables», a-t-il ajouté, soulignant que le volume d’échanges de l’Allemagne avec la Russie était relativement faible et que l’Asie du Sud-Est ne représentait que 5% des exportations allemandes. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement allemand prévoit une accélération de la croissance cette année et en 1999, toutefois insuffisante pour permettre une baisse significative du chômage à même d’aider le chancelier Helmut Kohl à décrocher un 5e mandat aux élections générales du 27 septembre. Le ministre de l’Economie, Guenter Rexrodt, table sur une croissance de 2,9% du Produit intérieur brut (PIB) en 1998 et entre 3 et 3,1% en 1999. Et il a prédit 350.000 chômeurs de moins à la fin de cette année par rapport à la fin 1997, révisant positivement une précédente prévision du printemps dernier, où il misait sur une diminution de 300.000. L’amélioration de la conjoncture en Allemagne n’est pas un «feu de paille», mais «une évolution persistante», a estimé mardi M. Rexrodt en présentant son rapport bi-annuel sur la...