Oussama Ben Laden, est un riche fondamentaliste renié par l’Arabie Séoudite, qui menace les Etats-Unis depuis son exil afghan. Suspect numéro un des attentats perpétrés à Nairobi et Dar es-Salaam le 7 août, Oussama Ben Laden barbu, les yeux étroits et les pommettes saillantes, est un héros de la résistance musulmane à l’occupation soviétique de l’Afghanistan. Cet homme frêle de 41 ans, déchu de sa nationalité séoudienne, est accusé d’être le financier du terrorisme islamique. Il a déclaré la guerre sainte contre les Etats-Unis et son nom refait surface à chacun des attentats anti-américains depuis des années. D’après un porte-parole du mouvement islamique Mouhajiroun, basé à Londres, Oussama Ben Laden a présidé une réunion de plusieurs factions islamistes en juin dernier à Peshawar. Elles y ont décidé de «frapper les intérêts américains partout dans le monde» pour forcer les Etats-Unis à se retirer d’Arabie Séoudite et lever l’embargo contre l’Irak. Cette réunion pourrait être à l’origine des attentats du 7 août contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, qui ont fait 257 morts et quelque 5.000 blessés. Né à Ryad en 1957, dans une famille fortunée d’entrepreneurs, il fait ses études à Djeddah. Très croyant, il se lie dès 1973 à des groupes islamistes et accroît sa fortune en gérant l’entreprise familiale de construction. Il se précipite en Afghanistan après l’invasion soviétique de 1979 et équipe, arme et finance le voyage des volontaires des pays arabes — «des milliers», dira-t-il. Il minimisera par la suite le rôle des Etats-Unis qui finançaient les moudjahidine avec l’aide des Séoudiens. Il regagne l’Arabie en 1992 mais son soutien aux groupes islamistes violents en Egypte et en Algérie lui vaut un retrait de passeport en 1992. Dès que l’interdiction est levée, il s’installe au Soudan, où il poursuit ses activités de construction mais les services de renseignement américains le soupçonnent de financer des camps d’entraînement terroriste. L’Arabie lui retire la nationalité séoudienne en 1994, Le Caire, Alger et le Yémen l’accusant de continuer à financer les extrémistes chez eux. En 1996, c’est le Soudan qui lui demande de partir, sous la pression des Nations Unies qui menacent Khartoum de sanctions. La rumeur le dit au Yémen, clandestin en Arabie Séoudite mais il refait surface en Afghanistan, d’où il lance des «fatwa» (décrets religieux) contre les Américains en avril 1996, en février 97 et février 98. Il appelle les musulmans à tuer des Américains — civils et militaires — partout où ils le peuvent. Ces menaces, répétées dans une interview à la chaîne américaine ABC diffusée le 6 juin 1998, amène le département d’Etat à avertir les ressortissants américains de dangers potentiels dans le Golfe et l’Asie du sud. D’après le Emergency Response and Resarch Institude (ERRI), un centre de recherche basé à Chicago, les Etats-Unis le soupçonnent d’avoir financé et «encouragé» une série d’attentats. Le ERRI cite l’explosion au World Trade Center de New York le 26 février 1996, l’attentat contre un centre d’entraînement de la Garde nationale séoudienne à Ryad qui a fait sept morts le 13 novembre 1995, et celui qui a tué 19 militaires américains à Dahran (Arabie Séoudite) le 25 juin 1996.
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