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Actualités - Chronologie

Méfiance des milieux financiers occidentaux

Les milieux financiers occidentaux ont vu lundi d’un très mauvais œil le retour au pouvoir en Russie de Viktor Tchernomyrdine qu’ils considèrent comme un frein aux réformes économiques jugées nécessaires. Non seulement M. Tchernomyrdine a déjà montré par le passé son incapacité à mener à bien ces réformes, mais il symbolise le «capitalisme de copinage» et la recherche stérile du consensus, ont estimé les économistes de grandes banques internationales, spécialistes de la Russie. «Tchernomyrdine est au cours de l’incapacité du gouvernement à accélérer le processus de réforme en 1997, échec qui est l’une des principales raisons de la crise d’aujourd’hui. Faire appel à lui n’est pas crédible», a remarqué David Lubin, économiste à Londres pour la grande banque internationale HSBC. «La prime de risque (que vont demander les marchés internationaux dans leurs affaires avec la Russie) a considérablement augmenté», a-t-il ajouté. «M. Tchernomyrdine est synonyme de recherche du consensus, de prudence et de consolidation qui sont les dernières choses dont a besoin la Russie pour rétablir sa crédibilité aux yeux de la communauté financière mondiale», estime pour sa part la banque américaine Merrill Lynch, à Londres. Il se fera peut-être l’apôtre de réformes vers l’économie de marché «afin d’amadouer les créditeurs occidentaux (...) mais il ne fera pas grand-chose pour entamer le pouvoir et l’influence des oligarchies», ajoute la grande maison de courtage américaine. Le nouveau premier ministre, ancien patron du géant gazier Gazprom, est en effet vu comme le relais politique des grands industriels russes. «La Russie est de plus en plus sous l’influence de Gazprom et des soutiens industriels derrière Tchernomyrdine», a estimé David Lubin, chez HSBC. «Dans le conflit entre Gazprom et le fisc, il semble que le fléau de la balance se soit déplacé de manière décisive vers le premier», remarque Merrill Lynch. Gazprom s’est publiquement félicité lundi de la nomination de son ancien patron. Les événements du week-end ont également renforcé la méfiance des investisseurs vis-à-vis du président russe. «Voilà un nouveau choc pour les marchés financiers du fait de l’imprévisibilité de Eltsine», a noté Rita Schumacher, économiste pour la banque japonaise Nikko, à Londres. «Les investisseurs étrangers sont totalement exaspérés maintenant. Ils sont fatigués d’être ballottés d’un remaniement à l’autre», a affirmé Stuart Brown, responsable des marchés émergents pour la banque Paribas à Londres. Le changement de gouvernement «va encore faire perdre du temps alors que l’on est en pleine crise financière», a-t-il ajouté. «La patience du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale doit atteindre ses limites», ajoute Merrill Lynch. Les économistes s’interrogent enfin sur le comportement de la Douma. Certains notent que M. Tchernomyrdine y compte davantage d’appuis que son prédécesseur, ce qui pourrait l’aider dans ses efforts pour rétablir la situation financière. Mais d’autres soulignent que la Chambre basse pourrait profiter de la procédure d’investiture pour contester encore davantage le pouvoir de Boris Eltsine. (AFP)
Les milieux financiers occidentaux ont vu lundi d’un très mauvais œil le retour au pouvoir en Russie de Viktor Tchernomyrdine qu’ils considèrent comme un frein aux réformes économiques jugées nécessaires. Non seulement M. Tchernomyrdine a déjà montré par le passé son incapacité à mener à bien ces réformes, mais il symbolise le «capitalisme de copinage» et la recherche stérile du consensus, ont estimé les économistes de grandes banques internationales, spécialistes de la Russie. «Tchernomyrdine est au cours de l’incapacité du gouvernement à accélérer le processus de réforme en 1997, échec qui est l’une des principales raisons de la crise d’aujourd’hui. Faire appel à lui n’est pas crédible», a remarqué David Lubin, économiste à Londres pour la grande banque internationale HSBC. «La prime de...