Au terme de l’An 1 A.D. (après Diana), les Windsor ont opéré un spectaculaire rétablissement. Au prix de concessions mineures à la modernisation et surtout d’une campagne massive de relations publiques, ils ont surmonté la fronde régicide provoquée par la mort de la princesse de Galles. «Je tirerai les leçons», avait promis — les lèvres pincées — la reine Elizabeth II, en butte aux critiques sans précédent de la rue et des gazettes du royaume. Lesquelles avaient repris à leur compte nombre des griefs formulés de son vivant par la princesse, critique envers une monarchie empesée et largement coupée des réalités du pays qui venait de rompre avec 18 années de pouvoir conservateur pour élire à sa tête avec Tony Blair le plus jeune premier ministre du siècle. Douze mois après, la famille royale aborde avec une sérénité retrouvée l’épreuve du premier anniversaire de la disparition de «la reine des cœurs». Une semaine avant l’événement, un sondage MORI révélait que 75% des Britanniques se sentent toujours l’âme monarchiste. Q’une forte majorité (61% contre 42% voici un an) souhaite voir le prince Charles accéder un jour au trône. Mais qu’en attendant, 62% sont satisfaits de la souveraine âgée de 72 ans, et n’envisagent pas son abdication, selon un autre sondage, NOP. La tranquillité d’esprit ne serait pas complète sans l’attitude de la presse. Clouée au pilori pour avoir traqué Diana, elle observe bon gré mal gré sa promesse de respecter la vie privée des «royaux». A quelques scoops «intempestifs» près, elle s’est contentée ces derniers mois d’informations officielles, notamment sur les deux petits princes orphelins, ou de confidences le plus souvent savamment distillées, sur la poursuite de l’idylle de Charles avec sa maîtresse Camilla. Un professionnel, spécialiste du marketing politique, qui a fait la fortune électorale du «nouveau Labour», veille à cette harmonie retrouvée après dix années de saga scandaleuse hypermédiatisée des Windsor. Inaugurant le poste de secrétaire à la Communication de Buckingham Palace, Simon Lewis a resserré l’exercice. Par la grâce de Dieu Mais l’essentiel du mérite de la contre-offensive reviendrait à Elizabeth II. «En femme au caractère bien trempé, dotée d’un sens prononcé de l’histoire», elle a su faire sortir «la Firme de la mauvaise passe passagère», commentait voici peu un éditorialiste du Guardian. Pour l’essentiel, la reine par la grâce de Dieu a poursuivi les aménagements ébauchés au début de la décennie, en réduisant notamment son train de vie: non contente d’acquitter désormais l’impôt, elle a accepté une plus grande transparence des comptes de la maison royale, financée par les contribuables par le biais de la liste civile. Et renoncé à remplacer son yacht, le Britannia. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Au terme de l’An 1 A.D. (après Diana), les Windsor ont opéré un spectaculaire rétablissement. Au prix de concessions mineures à la modernisation et surtout d’une campagne massive de relations publiques, ils ont surmonté la fronde régicide provoquée par la mort de la princesse de Galles. «Je tirerai les leçons», avait promis — les lèvres pincées — la reine Elizabeth II, en butte aux critiques sans précédent de la rue et des gazettes du royaume. Lesquelles avaient repris à leur compte nombre des griefs formulés de son vivant par la princesse, critique envers une monarchie empesée et largement coupée des réalités du pays qui venait de rompre avec 18 années de pouvoir conservateur pour élire à sa tête avec Tony Blair le plus jeune premier ministre du siècle. Douze mois après, la famille royale aborde avec...