Le président du Parlement irakien Saadoun Hammadi a prédit jeudi une division au sein du Conseil de Sécurité «à l’avantage de l’Irak» dans le nouveau bras de fer engagé avec la communauté internationale. «Nous croyons que les membres du Conseil de Sécurité vont être divisés sur cette question, mais la majorité soutiendra nos demandes et sera aux côtés de l’Irak», a affirmé M. Hammadi au journal «al-Khaleej» des Emirats arabes unis. «Nos demandes sont légitimes et claires, un rééquilibrage de la commission de l’ONU chargée du désarmement irakien, dominée à 65% par des Américains et des Anglais et une modification de ses organes dirigeants», a-t-il ajouté. M. Hammadi a d’autre part affirmé que son pays «n’avait pas d’autre choix, pour faire prévaloir son droit à la levée de l’embargo, que de continuer à coopérer et à dialoguer avec les Nations Unies». «L’Irak est tout à fait prêt à expliquer son point de vue à l’ONU et à lui fournir toutes les informations et indications», a poursuivi M. Hammadi, soulignant que Bagdad «n’avait pas d’autre choix car il n’a rien à cacher». L’Irak a décidé le 5 août de suspendre sa coopération avec l’UNSCOM, réclamant une modification de la composition de cet organisme qu’il accuse de faire le jeu des Etats-Unis. L’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan en Irak, M. Prakash Shah, est arrivé jeudi en milieu de journée à Bagdad. Il doit remettre un message de M. Annan aux autorités irakiennes les appelant à revenir sur la suspension des missions d’inspections de l’UNSCOM et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). M. Annan avait estimé qu’il «était peut-être temps de prendre du recul et de procéder à une évaluation complète» du mécanisme des sanctions. Les Irakiens «ont le sentiment que quoi qu’ils fassent, (...) leurs efforts ne sont pas reconnus par l’UNSCOM et le Conseil de Sécurité», avait-il ajouté. Dans une lettre séparée, le directeur général de l’AIEA, M. Mohamed Baradei, a informé mardi le Conseil de Sécurité qu’il lui est «impossible» d’assurer un contrôle complet du programme nucléaire de l’Irak. Pour sa part, la presse irakienne s’attaque à l’UNSCSOM et réclame que son chef, Richard Butler, soit remplacé. «Richard Butler a montré qu’il n’était plus apte à assumer sa fonction qui requiert un minimum d’impartialité et d’objectivité, des qualités dont il n’a pas fait preuve dans son comportement et ses déclarations», écrit le journal «al-Qadissiyah», organe des forces armées. «Butler s’est démasqué et a prouvé qu’il était inféodé à l’administration américaine et qu’il exécutait un complot des Etats-Unis visant à perpétuer l’embargo», poursuit le journal. «C’est pourquoi il est du devoir du Conseil de Sécurité et du secrétaire général de l’ONU de répondre favorablement à la demande irakienne d’un rééquilibrage de la composition de l’UNSCOM», ajoute «al-Qadissiyah». Si ces exigences ne sont pas prises en considération, affirme le journal, «l’Irak continuera à faire face avec fermeté aux tergiversations et aux atermoiements de l’UNSCOM et au pion des Etats-Unis Butler», et «la victoire sera son alliée». L’UNSCOM a affirmé mercredi ne plus pouvoir assurer que l’Irak ne reconstitue pas son arsenal de destruction massive. Mais pour le quotidien «as-Saoura», organe du parti Baas au pouvoir, «la commission spéciale suscite des soupçons à l’égard de l’Irak et lance des accusations infondées, élaborées dans les couloirs de l’Agence américaine de renseignement», la CIA. «Réfuter de telles accusations nécessite du temps et des efforts que l’Irak ne peut plus fournir après huit ans d’embargo et de souffrances», ajoute le journal. «Et même si l’Irak démontrait que ces allégations sont fausses comme il l’a déjà fait par le passé, l’UNSCOM en inventerait d’autres et ce jeu n’en finirait pas», conclut «as-Saoura». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président du Parlement irakien Saadoun Hammadi a prédit jeudi une division au sein du Conseil de Sécurité «à l’avantage de l’Irak» dans le nouveau bras de fer engagé avec la communauté internationale. «Nous croyons que les membres du Conseil de Sécurité vont être divisés sur cette question, mais la majorité soutiendra nos demandes et sera aux côtés de l’Irak», a affirmé M. Hammadi au journal «al-Khaleej» des Emirats arabes unis. «Nos demandes sont légitimes et claires, un rééquilibrage de la commission de l’ONU chargée du désarmement irakien, dominée à 65% par des Américains et des Anglais et une modification de ses organes dirigeants», a-t-il ajouté. M. Hammadi a d’autre part affirmé que son pays «n’avait pas d’autre choix, pour faire prévaloir son droit à la levée de l’embargo,...