Aux premiers orages, les portes albanaises se sont ouvertes encore davantage aux réfugiés fuyant les offensives serbes dans le centre du Kosovo. Mais s’ils sont moins nombreux dans le maquis, leur situation reste critique. Ils étaient 6000 à 7.000, selon le comité d’urgence local, à dormir à la belle étoile il y a deux semaines aux abords du village de Ponorac. Comme des milliers d’autres, ils avaient fui l’attaque des soldats et des policiers de Belgrade sur Malisevo, ancien bastion de l’armée de libération du Kosovo (UCK), tombé le 29 juillet. «Aujourd’hui, il en reste environ 4.800 à Ponorac», assurait mardi Bilal Rudi, président du comité. «Ceux dont les villages n’ont pas été trop endommagés et où la police n’est pas présente sont retournés chez eux». Dans le centre de la province, des norias de tracteurs sillonnent les pistes, tirant des remorques chargées de civils épuisés. Les canons serbes se sont tus depuis quatre jours dans les environs et nombreux sont ceux qui décident de regagner leurs fermes, lorsqu’elles n’ont pas été détruites ou incendiées. Les organisations humanitaires internationales, peu présentes dans un si vaste secteur, sont pour l’instant incapables de quantifier l’importance de ces retours. D’autant que plus à l’ouest, près de la frontière avec l’Albanie, les combats font toujours rage, avec leurs traditionnels cortèges de populations déplacées. «Aux premières pluies, il y a trois jours, nous avons envoyé ceux qui dormaient dehors dans les maisons. Les gens se sont serrés encore davantage», ajoute Bilal Rudi. «Vous ne trouverez pas à Ponorac une seule maison sans un minimum de cinquante occupants». De la farine... Les clairières, les abords des ruisseaux, où des centaines de personnes hagardes étaient regroupées aux premiers jours d’août, ont en effet été désertés. Mais, dans la maison de Mahmud Murceli, 70 personnes s’entassent dans quatre pièces. Tous des membres de la famille élargie qui ont fui le village d’Orlate, réduit aujourd’hui à l’état de ruines calcinées. «Nous sommes arrivés ici avec 300 kg de farine», se lamente Muhamet Hoti, 73 ans, le chef du clan. «Il n’en reste que 50. Les enfants sont malades, nous n’avons rien pour les soigner. Si le monde civilisé ne nous aide pas, la moitié d’entre nous mourrons avant l’hiver». L’aide humanitaire internationale a atteint, une fois, Ponorac: «De la farine, mais seulement de quoi nourrir 300 personnes», se plaint Bilal Rudi. «Et aussi des jouets pour les enfants... Vous vous rendez compte, des jouets!»(AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Aux premiers orages, les portes albanaises se sont ouvertes encore davantage aux réfugiés fuyant les offensives serbes dans le centre du Kosovo. Mais s’ils sont moins nombreux dans le maquis, leur situation reste critique. Ils étaient 6000 à 7.000, selon le comité d’urgence local, à dormir à la belle étoile il y a deux semaines aux abords du village de Ponorac. Comme des milliers d’autres, ils avaient fui l’attaque des soldats et des policiers de Belgrade sur Malisevo, ancien bastion de l’armée de libération du Kosovo (UCK), tombé le 29 juillet. «Aujourd’hui, il en reste environ 4.800 à Ponorac», assurait mardi Bilal Rudi, président du comité. «Ceux dont les villages n’ont pas été trop endommagés et où la police n’est pas présente sont retournés chez eux». Dans le centre de la province, des norias...