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Actualités - Chronologie

Des instructeurs américains au Rwanda

Une soixantaine d’observateurs militaires américains sont présents au Rwanda, répartis, selon différentes sources concordantes, sur l’île d’Ijiwa sur le lac Kivu, la base de Gabiro disposant d’un aéroport dans la préfecture de l’Umutara (est) et à Kigali. La présence américaine au Rwanda est importante depuis la victoire du Front patriotique rwandais en 1994, mais s’est renforcée depuis la visite, en avril dernier à Kigali, du président Bill Clinton. La présence d’observateurs américains, en mission d’évaluation, a été confirmée cette semaine par le Pentagone. Et les autorités militaires américaines ont indiqué qu’une dizaine d’instructeurs, entraînant des forces rwandaises près de la frontière du Burundi, ont reçu l’ordre de regagner Kigali et quitter le Rwanda, en raison de la rébellion dans la République démocratique du Congo (RDC) voisine. Kinshasa accuse Kigali de mener cette rébellion. Les soldats américains ont été envoyés au Rwanda dans le cadre de deux programmes: «Les Américains nous aident pour le déminage et forment des Rwandais pour ces opérations délicates. Ils nous assistent également dans le domaine du secours d’urgence, c’est-à-dire la médecine de guerre», déclare un officier rwandais sous couvert de l’anonymat. Les mines ont été très peu utilisées au Rwanda entre 1990 et 1994, et le temps de formation d’un superviseur de déminage prend en moyenne quatre mois. Selon des sources bien informées, les militaires américains seraient en fait chargés d’entraîner les officiers instructeurs de l’Armée patriotique rwandaise à la lutte antiguérilla. «Les conseillers militaires américains appartiennent généralement aux Forces spéciales. Leur rôle est de former les armées amies à la guerre non-conventionnelle», déclare un ancien officier de ces forces travaillant aujourd’hui pour les Nations Unies. «En général, les conseillers sont regroupés dans de petites unités tactiques de 12 personnes, avec chacune une spécialité: communication, médecine, explosifs, maniement d’armes, combat rapproché, parfois aussi le déminage», a-t-il déclaré. Mission «d’évaluation» «Leur rôle n’est pas de former la troupe, mais de former des officiers instructeurs. En général, ils vivent sur des bases ou des campements et évitent de se montrer, sauf par petits groupes de 2 ou 3. Ils ne voyagent jamais ensemble», a ajouté la même source. Il n’est pas rare de voir des militaires américains se promener deux par deux en uniformes dans Kigali. Le major Horth, attaché militaire à l’ambassade des Etats-Unis au Rwanda, est également le seul officier étranger à se rendre en uniforme (treillis et casquette) aux cérémonies officielles. Le major Henry L. Huntley, porte-parole du commandement américain en Europe, a indiqué qu’une douzaine d’«observateurs militaires américains» se sont rendus dans la région de Gyseni (nord-ouest) limitrophe de la RDC. En mission «d’évaluation», ils devaient rester au Rwanda pour une durée de «dix jours à deux semaines», selon le major. «La mission de ces hommes est d’évaluer la situation militaire au Rwanda et de déterminer la capacité militaire de ce pays à empêcher, à contenir ou à réduire au minimum la menace d’une reprise des actes de génocide», selon le major. Il a déclaré n’avoir «aucune information» quant à un passage de la frontière congolaise par les membres de la mission en compagnie de soldats rwandais. Cette mission, selon le major Huntley, correspond à une promesse faite en avril par Bill Clinton à Kigali de «tout faire» pour empêcher une reprise du génocide. James Foley, porte-parole du département d’Etat, a indiqué que la présence américaine n’est pas liée aux combats en République démocratique du Congo (RDC). «Nous invitions tous les pays de la région à respecter l’intégrité territoriale du Congo, à s’abstenir de prendre part au conflit et à respecter le droit international», a-t-il déclaré. Pour leur part, le groupe de 10 instructeurs membres des Forces spéciales américaines venus de Fort Bragg (Caroline du Nord), qui ont reçu l’ordre de quitter le Rwanda, formaient depuis le 15 juillet des officiers rwandais et leur mission devait durer jusqu’au 31 août, selon les autorités militaires américaines. (AFP)
Une soixantaine d’observateurs militaires américains sont présents au Rwanda, répartis, selon différentes sources concordantes, sur l’île d’Ijiwa sur le lac Kivu, la base de Gabiro disposant d’un aéroport dans la préfecture de l’Umutara (est) et à Kigali. La présence américaine au Rwanda est importante depuis la victoire du Front patriotique rwandais en 1994, mais s’est renforcée depuis la visite, en avril dernier à Kigali, du président Bill Clinton. La présence d’observateurs américains, en mission d’évaluation, a été confirmée cette semaine par le Pentagone. Et les autorités militaires américaines ont indiqué qu’une dizaine d’instructeurs, entraînant des forces rwandaises près de la frontière du Burundi, ont reçu l’ordre de regagner Kigali et quitter le Rwanda, en raison de la rébellion...