Le Rwanda du général-major Paul Kagamé, minuscule pays de l’Afrique des Grands Lacs, cache à peine ses ambitions régionales soutenues par son puissant ami américain. Quatre ans après son arrivée au pouvoir, dans un pays dévasté par la guerre civile et le génocide, le vice-président et homme fort du Rwanda a acquis une place de choix dans la galerie des «nouveaux leaders» soutenus par Washington. Dernière illustration en date du rôle de Kigali, la médiation avortée menée, aux côtés des Américains, dans la guerre entre l’Erythrée et l’Ethiopie, deux autres «bons élèves» des Etats-Unis en Afrique aujourd’hui en conflit. Pour le régime rwandais, issu de l’ancienne rébellion tutsie soutenue par l’Ouganda, stabiliser la région signifie avant tout éviter les risques d’un nouveau génocide contre la minorité tutsie, au pouvoir au Burundi et au Rwanda et présente en Ouganda, ainsi que dans le Kivu, dans l’est de la RDC. La peur de nouveaux massacres est entretenue par le fort sentiment anti-tutsi qui règne dans de nombreux pays de la région, parmi les Hutus rwandais et burundais, parmi la population ougandaise, ainsi que parmi les Congolais de souche du Kuvu, qui continuent de considérer les Banyamulenge comme des Rwandais malgré une présence séculaire au Zaïre. Empire hima Les extrémistes hutus rwandais et burundais, comme certains groupes d’opposants congolais, prêtent aux Tutsis le rêve secret de créer un «empire hima» sur toute l’Afrique des Grands Lacs, Kivu compris, et agitent cette menace pour s’y opposer. C’est en partie pour démanteler les immenses camps de réfugiés hutus au Zaïre, dans lesquels se trouvaient de nombreux responsables du génocide de 1994, que les Rwandais ont aidé militairement la rébellion de Laurent-Désiré Kabila contre le maréchal Mobutu, à l’automne 1996. Mais le commandant Kabila, une fois devenu président, n’a pas gardé sa place dans le club des «nouveaux dirigeants africains» — comme Paul Kagamé mais aussi le leader ougandais Yoweri Museveni, le président érythréen Issaias Afeworki ou encore le premier ministre éthiopien Meles Zenawi —, anciens combattants fiers de leurs victoires, prenant en main la reconstruction de leurs pays indépendamment des opinions de la communauté internationale. Pour le Rwanda, une région stable et sûre, dirigée par des leaders en bons termes, offre également des possibilités de développements économiques indispensables dans un pays très pauvre. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Rwanda du général-major Paul Kagamé, minuscule pays de l’Afrique des Grands Lacs, cache à peine ses ambitions régionales soutenues par son puissant ami américain. Quatre ans après son arrivée au pouvoir, dans un pays dévasté par la guerre civile et le génocide, le vice-président et homme fort du Rwanda a acquis une place de choix dans la galerie des «nouveaux leaders» soutenus par Washington. Dernière illustration en date du rôle de Kigali, la médiation avortée menée, aux côtés des Américains, dans la guerre entre l’Erythrée et l’Ethiopie, deux autres «bons élèves» des Etats-Unis en Afrique aujourd’hui en conflit. Pour le régime rwandais, issu de l’ancienne rébellion tutsie soutenue par l’Ouganda, stabiliser la région signifie avant tout éviter les risques d’un nouveau génocide contre la...