Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Nouveau revers pour le renseignement américain

Les services de renseignement américains, déjà mis à l’épreuve par leur incapacité à prévoir les essais nucléaires indiens, ont subi un nouveau revers avec les attentats visant les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie. Des agents de la sûreté fédérale (FBI), des experts du contre-terrorisme américain et une unité antiterroriste de 40 Marines ont été dépêchés sur place afin d’enquêter sur les circonstances de ces attentats. Trois mois après les essais nucléaires indiens qui avaient pris les Etats-Unis par surprise, les attentats de Nairobi et Dar es-Salaam soulèvent une nouvelle fois la question de l’efficacité de leurs services de renseignement. Les responsables américains ont cependant rejeté l’idée d’un «échec des services de renseignement». Le secrétaire d’Etat adjoint aux affaires politiques Thomas Pickering a ainsi indiqué que c’était la première fois que des bâtiments américains de deux villes différentes étaient la cible de deux «attaques apparemment coordonnées». Il a confirmé qu’il n’y avait eu aucun avertissement préalable, ni revendication crédible pour le moment. Les Etats-Unis, a-t-il souligné, reçoivent 30.000 menaces par an contre leurs 260 installations de par le monde et toutes «sont prises au sérieux». «Nous avons (un service) de renseignement du plus haut niveau qui travaille durement, qui traite une masse énorme d’informations, a-t-il encore dit. Mais cela ne veut pas dire que nous sommes au courant de chaque incident, de chaque événement». Absence d’informateurs Washington reconnaît pourtant que les deux bâtiments, construits il y a vingt ans ou plus, ne répondaient plus aux normes de sécurité utilisées aujourd’hui dans la construction des ambassades. Les terroristes présumés ont ainsi apparemment déjoué toute détection préalable en prenant pour cibles des ambassades déjà vulnérables du fait de la faible probabilité d’une attaque terroriste, selon des experts. Ces attentats ont en tout cas rappelé en mémoire celui de Dhahran le 25 juin 1996, en Arabie Séoudite, où une bombe dissimulée dans un camion garé devant la base militaire séoudienne de Khobar avait tué 19 Américains et fait 386 blessés. A l’époque, la hiérarchie militaire américaine avait été critiquée pour n’avoir pas su ériger une protection suffisante autour de la base et n’avoir pas tenu compte de menaces potentielles préalables. Plus de deux ans après cet attentat, aucun responsable n’a été traduit devant la justice. Les activités de contre-terrorisme sont «raisonnablement bonnes mais jamais parfaites», a estimé un ancien ambassadeur, Robert Oakley, dans un entretien à la chaîne CNN. «Vous avez l’attentat de Khobar qui était totalement imprévu. Mais vous avez aussi eu par le passé d’autres opérations où nous avons pu détecter des activités terroristes à l’avance», a-t-il dit. Mais selon un général à la retraite, Wayne Downey, qui a enquêté sur l’attentat de Dhahran, si des progrès dans la sécurité des installations américaines à l’étranger ont été réalisés, l’absence d’informateurs humains constitue «une faiblesse potentielle très importante». «Les Etats-Unis ont la meilleure technique dans le monde (...) mais nous ne sommes pas très bons sur le plan humain. Or, pour être averti d’une telle attaque, vous devez avoir un très bon service de renseignement sur le plan humain», a-t-il indiqué. (AFP)
Les services de renseignement américains, déjà mis à l’épreuve par leur incapacité à prévoir les essais nucléaires indiens, ont subi un nouveau revers avec les attentats visant les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie. Des agents de la sûreté fédérale (FBI), des experts du contre-terrorisme américain et une unité antiterroriste de 40 Marines ont été dépêchés sur place afin d’enquêter sur les circonstances de ces attentats. Trois mois après les essais nucléaires indiens qui avaient pris les Etats-Unis par surprise, les attentats de Nairobi et Dar es-Salaam soulèvent une nouvelle fois la question de l’efficacité de leurs services de renseignement. Les responsables américains ont cependant rejeté l’idée d’un «échec des services de renseignement». Le secrétaire d’Etat adjoint aux...