Le président Saddam Hussein, engagé dans un nouveau bras de fer avec la communauté internationale, a prédit que l’Irak triompherait des Etats-Unis comme il a triomphé de l’Iran dix ans plus tôt. Dans un discours radiotélévisé pour le dixième anniversaire de la guerre contre l’Iran, le président irakien a déclaré que le 8 août 1988, date du cessez-le-feu avec l’Iran après huit ans de guerre, «la volonté avait triomphé de la force». De même, dans la «mère de toutes les batailles», terme officiel pour la confrontation avec une coalition internationale depuis l’invasion du Koweit en août 1990, «les Américains et leurs alliés ont sous-estimé la capacité de l’Irak à résister à la force brute, c’est pourquoi ils ont échoué». «Ceux qui ont agressé l’Irak et lui imposent un embargo injuste (…) continuent à commettre la même erreur. Leur récolte sera pleine de chardons et ils goûteront une défaite amère», a déclaré Saddam Hussein. Le président irakien, vêtu d’un costume civil, n’a pas fait allusion à l’épreuve de force qu’il a engagée avec les Nations Unies. Cependant, un journal irakien a demandé que les inspecteurs de l’ONU soient traités comme des saboteurs et des espions. «Nous les avons démasqués, les Irakiens sont désormais appelés à les traiter comme des étrangers qui se livrent au sabotage et à l’espionnage et de lever leur immunité», écrit le quotidien «al-Irak». L’Irak a suspendu mercredi dernier toute coopération avec les équipes d’inspecteurs chargés de le désarmer, exigeant la levée de l’embargo pétrolier qui le frappe depuis huit ans. Main tendue à l’Iran Le Conseil de Sécurité a qualifié la décision irakienne de «totalement inacceptable» et appelé Bagdad à reprendre rapidement les discussions sur le désarmement. Mai selon un membre du Conseil, il a décidé de traiter comme une «contravention» aux résolutions du Conseil de Sécurité, et non comme une «violation», pour éviter à Bagdad les «très graves conséquences» prévues en cas de violation. Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, dont une visite à Bagdad avait permis de désamorcer la dernière crise avec l’Irak, a espéré que le recours à la force ne serait pas nécessaire. Il a proposé une révision du processus de désarmement pour tenir compte des progrès accomplis. Les Etats-Unis ont aussi évité de menacer cette fois l’Irak de représailles. En «signe de bonne volonté», l’Irak a autorisé les inspecteurs de la Commission spéciale de l’ONU (UNSCOM) et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à poursuivre leur mission de surveillance à long terme de ses installations industrielles et militaires. Quatre équipes d’inspecteurs ont quitté normalement le quartier général de l’UNSCOM avec leurs accompagnateurs irakiens samedi. Le chef de l’UNSCOM, Richard Butler, a décidé de ne pas tenter les inspections surprises que l’Irak a suspendues tant que l’UNSCOM ne serait pas «réformée». Dans son discours axé sur les relations avec Téhéran, le président irakien a renouvelé une offre de normalisation, après la guerre de 1980 à 1988 qui a fait de centaines de milliers de morts de part et d’autre. «Nous espérons que les dirigeants iraniens sont guéris de leur illusion de puissance et nous prions Dieu pour qu’ils réussissent» à instaurer des rapports normaux avec l’Irak, «dont la position géographique et l’histoire (...) en font le seul pays à comprendre profondément l’Iran». L’Irak avait mis en cause l’Iran dans l’attentat contre le fils du président Oudaï Saddam Hussein en décembre. En publiant lundi les résultats de l’enquête, il a évité de nommer l’Iran comme instigateur de cet attentat, parlant simplement de pays voisin. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Saddam Hussein, engagé dans un nouveau bras de fer avec la communauté internationale, a prédit que l’Irak triompherait des Etats-Unis comme il a triomphé de l’Iran dix ans plus tôt. Dans un discours radiotélévisé pour le dixième anniversaire de la guerre contre l’Iran, le président irakien a déclaré que le 8 août 1988, date du cessez-le-feu avec l’Iran après huit ans de guerre, «la volonté avait triomphé de la force». De même, dans la «mère de toutes les batailles», terme officiel pour la confrontation avec une coalition internationale depuis l’invasion du Koweit en août 1990, «les Américains et leurs alliés ont sous-estimé la capacité de l’Irak à résister à la force brute, c’est pourquoi ils ont échoué». «Ceux qui ont agressé l’Irak et lui imposent un embargo injuste...