La deuxième compagnie aérienne française, AOM, a été mise en vente, marquant le troisième acte de la refonte du paysage aérien français après la fusion Air France-Air Inter et le passage d’Air Liberté et de TAT sous l’aile de British Airways. AOM (24 avions et 2.400 salariés) était virtuellement en vente depuis son affectation au Consortium de Réalisation (CDR), chargé de céder les actifs industriels de la banque publique Crédit Lyonnais. Mais ses actionnaires, comme ses dirigeants, soulignaient jusqu’à présent que la compagnie devait d’abord être redressée et que le dossier n’était pas urgent. Le CDR a envoyé des appels à candidatures auprès de plusieurs compagnies européennes susceptibles d’être intéressées par le rachat, comme Swissair ou Air France. Le CDR a également nommé une banque-conseil, Clinvest, pour suivre ce dossier. Swissair, qui a un accord commercial avec AOM, est la seule compagnie ayant déclaré publiquement son intérêt pour entrer à hauteur de 20% dans le capital d’AOM, filiale à 99,5% du CDR. Swissair ne faisant pas partie de l’Union européenne, elle ne peut pas racheter la totalité du capital. Air France, qui a affirmé vendredi n’avoir reçu aucune lettre de la part du CDR, n’a pas voulu commenter l’information. La compagnie nationale, qui doit ouvrir son capital au secteur privé à la fin de 1998 ou au début de 1999, doit cependant suivre de près le dossier, ayant déjà raté le rachat d’Air Liberté en 1997. La faillite d’Air Liberté fin 1996, et sa reprise par British Airways (BA), avait contribué à pacifier le ciel français après la guerre des prix ayant suivi l’ouverture à la concurrence. Mais Air France, déjà très occupée à fusionner avec Air Inter, avait vu d’un mauvais œil l’installation sur ses terres de BA, un de ses plus féroces concurrents sur les lignes internationales. AOM, née en 1992 du rapprochement de Minerve et d’Air Outre-Mer, basée à Paris/Orly-Sud, a subi de lourdes pertes au cours des années passées. Restructurée par Marc Rochet, avant d’être appelé par BA à prendre les rênes d’Air Liberté et de TAT, AOM est parvenue, sous la direction d’Alexandre Couvelaire, à améliorer ses performances. Elle a annoncé un bénéfice net de 27 millions de FF (4,5 M USD), avant amortissement des écarts d’acquisitions, pour 1997, sur un chiffre d’affaires de 3,89 milliards de FF (650 M USD), en hausse de 12%. L’embellie est confirmée, même s’il reste pour 1997 une perte de 16,3 millions de FF (2,7 M USD) imputée au holding de tête, CDR Participations. La direction envisageait à ce jour de se rapprocher de Swissair et du «qualifyer group» (Austrian Airlines, Sabena, Tap Air Portugal, Turkish Airlines, Swissair) avec lequel elle entretient plus de complémentarités de réseau qu’avec Air France, en concurrence notamment sur les lignes vers l’outer-mer. AOM exploite 21 lignes régulières françaises, dont deux des plus grosses liaisons intra-européennes Paris-Nice et Paris-Marseille (sud-est), ainsi que Paris-Perpignan, Paris-Toulon (sud), tous les départements et territoires d’outre-mer (DOM-TOM), Cuba, les Bahamas, le Sri Lanka, la République dominicaine et l’Australie. Les activités charter représentent 12% de son trafic environ. AOM a également une filiale d’entretien des avions, AOM Industrie, basée à Nîmes (sud), et une filiale de restauration embarquée, HRS. (AFP)
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