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Actualités - Chronologie

Anniversaire des massacres de 1988 : appréhension et frustration

La Birmanie va passer, dans un climat d’appréhension et de frustration, le 10e anniversaire de l’écrasement du soulèvement démocratique de l’été 1988, ce week-end, une date hautement symbolique pour l’opposition à la junte militaire. Selon diplomates et résidents à Rangoon, la capitale est calme et si les forces de sécurité ont été renforcées en prévision de l’anniversaire du «8/8/88», elles restent très discrètes. Rien ne laisse prévoir dans l’immédiat une explosion de violence similaire à celle d’août 1988, disent-ils, d’autant que les militaires contrôlent tout l’appareil d’Etat et que l’opposition a été désorganisée par dix années de répression impitoyable. Selon un analyste birman, le «facteur de désespoir» — notamment une démonétisation qui avait alors jeté la population dans les rues — «n’est pas présent aujourd’hui». La répression aurait fait entre des centaines et plusieurs milliers de victimes. «Je ne pense pas qu’il se passera grand-chose (le 8 août), peut-être des petits rassemblements sporadiques, des cérémonies religieuses», a estimé un porte-parole du mouvement étudiant, exilé en Thaïlande. Toutefois, la grogne des citadins, en particulier des étudiants, est perceptible, souligne un diplomate occidental. La capitale est remplie de rumeurs et certains habitants font des stocks. Privés d’université depuis des émeutes en décembre 1996, des milliers d’étudiants ont été convoqués ce mois-ci pour des examens, mais les dates ne cessent de changer. La jeunesse intellectuelle birmane, forcée à l’oisiveté, apparaît de plus en plus frustrée. En outre, la crise régionale, alliée aux sanctions internationales, a quasiment stoppé les projets d’investissements et plombé la devise locale, le kyat, accentuant encore l’extrême vulnérabilité d’une économie de plus en plus dépendante du troc. Au-delà de l’anniversaire du week-end, l’attention est surtout fixée sur le 21 août, la date butoir imposée aux généraux par le principal parti d’opposition, la Ligue nationale pour la Démocratie (LND), pour convoquer le Parlement issu des élections pluralistes de 1990. La Ligue avait remporté haut la main ces élections, mais les militaires ont refusé de reconnaître sa victoire et le Parlement n’a jamais siégé. Depuis dix ans, les généraux n’ont cédé en rien sur les revendications démocratiques de l’opposition et il est très improbable qu’ils accepteront de réunir le Parlement de 1990. Fustigés par les pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis et l’Union européenne, ils sont de plus en plus isolés, sourds à tous les appels au dialogue avec l’opposition. (AFP)
La Birmanie va passer, dans un climat d’appréhension et de frustration, le 10e anniversaire de l’écrasement du soulèvement démocratique de l’été 1988, ce week-end, une date hautement symbolique pour l’opposition à la junte militaire. Selon diplomates et résidents à Rangoon, la capitale est calme et si les forces de sécurité ont été renforcées en prévision de l’anniversaire du «8/8/88», elles restent très discrètes. Rien ne laisse prévoir dans l’immédiat une explosion de violence similaire à celle d’août 1988, disent-ils, d’autant que les militaires contrôlent tout l’appareil d’Etat et que l’opposition a été désorganisée par dix années de répression impitoyable. Selon un analyste birman, le «facteur de désespoir» — notamment une démonétisation qui avait alors jeté la population...