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Actualités - Chronologie

Mapouka ou Ndonbolo ? (photos)

Envahisseur venu de l’ex-Zaïre, le Ndonbolo menace très sérieusement le «Mapouka serré», autochtone dans le milieu des noctambules ouest-africains. Ces deux musiques sont dansées par les filles, jambes droites, buste penché, avec dans certains cas une main au sol, dans le seul but de faire saillir encore davantage la croupe, qui doit s’agiter de manière saccadée, une fesse après l’autre dans le Mapouka, alors que l’effet circulaire est plus cohérent dans le Ndonbolo. Ce rythme congolais a supplanté le Batchégué, déjà considéré comme très suggestif. Dans les deux cas, les conservateurs jettent l’anathème, qualifiant ces prestations de lascives, dangereuses pour la moralité ou obscènes. Certains en ont vu d’autres, tel le «Tat Laobé», qui fut un temps interdit au Sénégal et remplacé par le «ventilateur» tirant son nom de l’effet rotatif du bassin féminin et du lever de pagne qui l’accompagnait. Depuis trois mois, les coups de semonce pleuvent: interdiction de diffusion du Mapouka à la télévision ivoirienne, vite levée face au tollé général, «interdiction des danses obscènes» au Niger dans les mariages et baptêmes, contagion qui s’étend jusque dans les provinces les plus reculées du nord du Bénin, incidents lors de l’annulation d’un concert de Ndonbolo à Ouagadougou: partout, dans les bars chics, les maquis (restaurants populaires), et les «clandos», les petits établissements clandestins, la guerre fait rage. D’un côté, le général Defao défend la tradition des Zaïcos, les rythmes zaïro-congolais et vend disques et cassettes par milliers, remplissant les stades à l’annonce des ses concerts. De l’autre, le «Mapouka serré», rythme traditionnel d’une région proche d’Abidjan, avec ses variantes, «Mapouka cellulaire» (pour bien montrer qu’il s’agit d’une danse moderne adaptée aux jeunes qui raffolent des téléphones portables), «Mapouka sexy» ou «Mapouka string» qui dévoile un sous-vêtement le plus discret possible lorsque le pagne est enlevé pour mieux montrer la virtuosité du fessier...On frise alors le «Mapouka sérieux». Chaque semaine, concours et démonstrations remplissent les boîtes de nuit d’Abidjan. Plus intime, il existerait selon la rumeur un «Mapouka ministre», dansé entre hommes et réservé aux homosexuels. Dans quelques établissements plus traditionnels, quelques vieux résistent encore les vendredis et samedis soir au rythme du «High-Life», venu du Ghana voisin, proche du «Cha cha cha» à la mode au temps des indépendances. «Ma fille, je sais que tu vas en boîte, ne danse pas le Mapouka, ne regarde même pas» déclare à sa fille, à l’heure du déjeuner, une mère inquiète de ces «trucs nouveaux». Elle n’a pourtant que 42 ans. (AFP)
Envahisseur venu de l’ex-Zaïre, le Ndonbolo menace très sérieusement le «Mapouka serré», autochtone dans le milieu des noctambules ouest-africains. Ces deux musiques sont dansées par les filles, jambes droites, buste penché, avec dans certains cas une main au sol, dans le seul but de faire saillir encore davantage la croupe, qui doit s’agiter de manière saccadée, une fesse après l’autre dans le Mapouka, alors que l’effet circulaire est plus cohérent dans le Ndonbolo. Ce rythme congolais a supplanté le Batchégué, déjà considéré comme très suggestif. Dans les deux cas, les conservateurs jettent l’anathème, qualifiant ces prestations de lascives, dangereuses pour la moralité ou obscènes. Certains en ont vu d’autres, tel le «Tat Laobé», qui fut un temps interdit au Sénégal et remplacé par le...