Dix écrivains africains s'installent au Rwanda par devoir de mémoire
le 04 août 1998 à 00h00
Dix écrivains africains ont décidé de s’installer au Rwanda pendant deux mois pour «écrire par devoir de mémoire» après le génocide de 1994. «Entre avril et juillet 1994, j’ai vu comme tout le monde les images télévisées du génocide» (qui a fait entre 500.000 et 800.000 morts parmi les Tutsis et les Hutus modérés), a déclaré Nocky Djedanoum, écrivain tchadien de 38 ans qui organise cet événement culturel. «Mais en regardant ces images comme un Africain, j’ai vécu le génocide comme le sommet de la tragédie africaine. Je ressentais de la colère et de l’impuissance, je suis passé à l’action», a ajouté Nocky Djedanoum, également organisateur du festival annuel Fest’Africa de Lille (France). «Lorsque j’ai parlé de mon projet d’installation au Rwanda aux écrivains qui participaient à Fest’Africa, on n’a même pas discuté, on a tout de suite décidé de partir», a-t-il précisé. Soutenus par la Fondation de France, le ministère français de la Coopération et le ministère rwandais de la Culture, les écrivains ont réuni un budget de 800.000 francs français (133.000 dollars) et sont arrivés à Kigali, associant deux écrivains rwandais à leur projet. «L’accueil des Rwandais a d’abord été méfiant et soupçonneux, ce qui était d’une certaine façon légitime puisqu’on avait toujours été absent au moment du génocide. Ils ont posé beaucoup de questions et finalement ils nous ont acceptés», raconte Nocky Djedanoum. (AFP)
Dix écrivains africains ont décidé de s’installer au Rwanda pendant deux mois pour «écrire par devoir de mémoire» après le génocide de 1994. «Entre avril et juillet 1994, j’ai vu comme tout le monde les images télévisées du génocide» (qui a fait entre 500.000 et 800.000 morts parmi les Tutsis et les Hutus modérés), a déclaré Nocky Djedanoum, écrivain tchadien de 38 ans qui organise cet événement culturel. «Mais en regardant ces images comme un Africain, j’ai vécu le génocide comme le sommet de la tragédie africaine. Je ressentais de la colère et de l’impuissance, je suis passé à l’action», a ajouté Nocky Djedanoum, également organisateur du festival annuel Fest’Africa de Lille (France). «Lorsque j’ai parlé de mon projet d’installation au Rwanda aux écrivains qui participaient à...
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