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Actualités - Chronologie

Les palestiniens de Cisjordanie ont soif

Depuis l’installation d’un réseau de distribution d’eau potable à Dahiriya en 1976, les robinets ne donnent pas une goutte d’eau au domicile de Mohammed Chahine. Comme la plupart des 24.000 habitants de cette bourgade du sud de la Cisjordanie, M. Chahine s’approvisionne auprès de marchands ambulants qui acheminent l’eau dans de grosses citernes et la vendent cinq fois plus cher qu’au tarif public. «Depuis la mise en place du réseau de distribution en 1976, pas une seule goutte n’a coulé chez moi», affirme M. Chahine. Infrastructure squelettique du fait de l’occupation israélienne, manque de fonds, croissance démographique, détournements et incompétence administrative se conjuguent pour assécher la Cisjordanie chaque été. L’exploitation intensive des nappes phréatiques par les colonies juives, par contraste, rend la pénurie d’autant plus insupportable aux Palestiniens. Un membre du conseil municipal de Dahiriya, M. Ibrahim Abou Charkh, explique ainsi que le quota d’eau alloué à Dahiriya n’a pas augmenté depuis 1976. «Il a même baissé ces dernières années», ajoute-t-il. Dahiriya, ainsi que la localité voisine d’al-Samouh, 16.000 habitants et la colonie juive d’Otniel, avec à peine 200 habitants, sont alimentés par un seul puits, qui pompe quelque 52 m3 de l’heure. De cette quantité, explique-t-il, Dahiriya ne reçoit que 24 m3 de l’heure, ce qui contraint la mairie à ne donner de l’eau que deux fois par semaine, et encore à seulement la moitié des foyers. Contrôle israélien La situation n’est guère plus réjouissante à Hébron, la plus importante ville du sud de la Cisjordanie, où vivent plus de 120.000 personnes. «La ville consomme près de 5.500 m3 d’eau par jour mais il faudrait 25.000 m3 pour répondre à ses besoins», indique un responsable à la mairie, M. Kamal Douwiek. «Depuis 1967, Israël ne nous a pas autorisés à creuser un seul puits», ajoute-t-il. L’Etat hébreu exerce un strict contrôle sur les sources d’eau en Cisjordanie et n’autorise que très rarement les Palestiniens à y exploiter des nappes phréatiques. Le camp de réfugiés de Dahisha, près de Bethléem, n’a plus d’eau depuis un mois. Le président de l’Union des hydrologues palestiniens, M. Abelrahmane Tamimi, accuse Israël d’avoir négligé l’infrastructure dans le domaine de la distribution de l’eau en trente ans d’occupation militaire. «Israël nous demande de soigner un mort. Rien qu’en Cisjordanie 212 villages et communautés ne disposent pas à ce jour d’un réseau de distribution», affirme-t-il. «L’eau existe, mais les difficultés résident dans le contrôle total qu’Israël exerce dans ce domaine», ajoute-t-il. «Le problème est de plus en plus inquiétant, car les quantités n’ont pas augmenté depuis dix ans, malgré l’expansion démographique et urbaine», ajoute M. Tamimi. Aux termes des accords d’Oslo sur l’autonomie, Israël et les Palestiniens sont convenus de reporter la question de l’eau aux négociations sur le statut final des territoires palestiniens, mais l’Etat hébreu s’est engagé à fournir aux Palestiniens, entre-temps, 28,6 millions de m3 d’eau par an, dont 5 millions pour la bande de Gaza. Un porte-parole de l’administration militaire israélienne a affirmé que ces engagements étaient intégralement remplis par Israël. M. Tamimi affirme le contraire. Selon lui, Israël ne fournit jusqu’à présent que 10 millions de m3 «après moult problèmes et complications». Selon le directeur de l’Autorité de l’eau en Cisjordanie, M. Taher Nasreddine, la crise de l’eau, accentuée par la récente vague de canicule, est telle, dans les territoires palestiniens, que 400.000 Palestiniens en ont été privés pendant plusieurs jours au cours des deux derniers mois. (AFP)
Depuis l’installation d’un réseau de distribution d’eau potable à Dahiriya en 1976, les robinets ne donnent pas une goutte d’eau au domicile de Mohammed Chahine. Comme la plupart des 24.000 habitants de cette bourgade du sud de la Cisjordanie, M. Chahine s’approvisionne auprès de marchands ambulants qui acheminent l’eau dans de grosses citernes et la vendent cinq fois plus cher qu’au tarif public. «Depuis la mise en place du réseau de distribution en 1976, pas une seule goutte n’a coulé chez moi», affirme M. Chahine. Infrastructure squelettique du fait de l’occupation israélienne, manque de fonds, croissance démographique, détournements et incompétence administrative se conjuguent pour assécher la Cisjordanie chaque été. L’exploitation intensive des nappes phréatiques par les colonies juives, par...