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Actualités - Chronologie

Le Cri, d'Edvard Munch, tableau le plus reproduit au monde

«Le Cri», célèbre tableau d’Edvard Munch, est devenu l’œuvre la plus reproduite au monde sans que soient toujours reversés les droits d’exploitation dus aux descendants du peintre norvégien. Puzzles, porte-clés, cartes postales, tasses, montres, cravates et t-shirts mais aussi poupées gonflables ou emballages de saucisses: «Le Cri», tableau peint en 1893 dont les lignes sinueuses et les tonalités sourdes annoncent l’expressionnisme, a servi à décorer les objets les plus hétéroclites, selon la BONO, une association chargée de protéger les droits d’auteur des artistes norvégiens. «L’œuvre est devenue à ce point populaire qu’elle est aujourd’hui davantage reproduite que ‘La Mona Lisa’ de Leonard de Vinci», estime Harald Holter, directeur général de la BONO. Selon lui, le tableau a donné naissance aux produits les plus farfelus. Une société anglaise fabriquait jusqu’à récemment des «oreillers hurleurs» qui, tout en reproduisant l’œuvre de Munch, émettaient un cri dès que l’on s’asseyait ou se couchait dessus, se souvient-il. «Le tableau, dont il existe quatre exemplaires originaux, symbolise l’anxiété de l’être humain et son actuelle popularité témoigne de la diffusion de ce sentiment d’angoisse dans nos sociétés modernes», analyse Arne Eggum, directeur du musée Munch à Oslo où est exposée la version «la plus forte» de l’œuvre, la version «la plus célèbre» se trouvant à la Nasjonalgallerie de la capitale norvégienne. D’après lui, «Le Cri» constitue «la forme la plus achevée de la représentation pictorale du malaise». Trafic d’image Le tableau a également suscité un film américain, «Cri», parodie du film d’horreur où deux jeunes gens jouent les apprentis criminels sous des masques fantomatiques évoquant l’œuvre de Munch. Les réalisateurs ont acquitté des droits d’exploitation, ce que ne font pas tous ceux qui utilisent le tableau à des fins commerciales, souligne Harald Holter. La BONO envisage ainsi d’attaquer en justice l’hebdomadaire américain «Time» qui a récemment utilisé le chef-d’œuvre de Munch en couverture de son édition européenne sans verser de droits d’auteur. L’association va réclamer, au nom des descendants du peintre et du musée Munch, entre 8.000 et 15.000 dollars de droits de reproduction, indique Harald Holter. «En général, cela se règle à l’amiable. Ceux qui reproduisent l’œuvre sans notre accord préalable font généralement amende honorable lorsqu’on leur signale leur oubli», ajoute-t-il. L’hebdomadaire anglais «The Economist», qui a utilisé «Le Cri» pour illustrer la crise économique mondiale en page de couverture, est également dans la ligne de mire de la BONO. L’association s’avoue incapable de chiffrer le manque à gagner occasionné par ce qu’elle qualifie de «trafic d’image». «Il est de toute façon important puisque, dans tous les pays, on use et abuse du ‘Cri’», selon Harald Holter. Le tableau, qu’une tentative de vol a contribué à rendre encore plus célèbre en 1994, «fait aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien», estime-t-il. Pour être sûr d’empocher tous les dividendes d’un tel succès, la BONO a noué des alliances avec une vingtaine d’organisations similaires à travers le monde pour former un réseau chargé de prévenir l’utilisation non autorisée du «Cri». En 1997, le musée Munch a engrangé quelque 120.000 dollars en droits de reproduction, contre 25.000 dollars trois ans plus tôt. Cette manne n’est pas près d’être épuisée puisqu’en Europe, rappelle Harald Holter, l’œuvre d’un artiste ne tombe dans le domaine public que 70 ans après sa mort. Il faudra donc attendre 2014 pour reproduire «Le Cri» dans payer de droits d’auteur. (AFP)
«Le Cri», célèbre tableau d’Edvard Munch, est devenu l’œuvre la plus reproduite au monde sans que soient toujours reversés les droits d’exploitation dus aux descendants du peintre norvégien. Puzzles, porte-clés, cartes postales, tasses, montres, cravates et t-shirts mais aussi poupées gonflables ou emballages de saucisses: «Le Cri», tableau peint en 1893 dont les lignes sinueuses et les tonalités sourdes annoncent l’expressionnisme, a servi à décorer les objets les plus hétéroclites, selon la BONO, une association chargée de protéger les droits d’auteur des artistes norvégiens. «L’œuvre est devenue à ce point populaire qu’elle est aujourd’hui davantage reproduite que ‘La Mona Lisa’ de Leonard de Vinci», estime Harald Holter, directeur général de la BONO. Selon lui, le tableau a donné...