Animaux abattus, bâtiments et cages détruits: le zoo de Brazzaville, dévasté par les combats de 1997, n’est plus qu’un champ de ruines. Des 138 animaux du parc, seuls six ont survécu: des chimpanzés sauvés par des fondations britanniques. «Le jardin n’a pas échappé aux affres de la guerre et la situation est désastreuse», résume le directeur de l’établissement, Georges Vheiye Makosso. Le jardin a été créé en 1952 dans les locaux d’un centre de transit d’animaux sauvages, capturés au Congo, au Gabon, au Tchad et en Centrafrique. Jusqu’à la fin des années 40, les bêtes partaient de ce centre de transit vers la France, alors métropole coloniale. Installé dans le quartier de «la patte d’oie», près du Parlement, le zoo était dans la zone contrôlée durant les affrontements de 1997 par les miliciens «cocoyes» du président déchu Pascal Lissouba. Neuf mois après la fin des combats remportés par les milices du général Denis Sassou Nguesso, le jardin zoologique est à l’abandon. Les toits des bâtiments et des abris des animaux ont été éventrés par des obus ou les tôles volées par des inconnus. Crocodiles, pythons, lions, antilopes, chacals, ... sont morts, emportés par la faim, les balles perdues, ou simplement tués par des miliciens, pour des besoins alimentaires et financiers. «J’ai appris que les cocoyes ont tué les crocodiles qu’ils ont mangés ou vendus au marché», raconte M. Makosso. Les six chimpanzés sauvés doivent leur survie à la fondation britannique John Godan qui les avait conduits de justesse au sanctuaire de Tchimpunga, près de Pointe-Noire (sud-ouest), pour les mettre hors de danger. L’un d’eux, «Grégoire», est le plus vieux et ancien primate du zoo. Il vit en captivité depuis 1944. A l’exception de Grégoire encore présent à Tchimpunga, les cinq autres chimpanzés ont déjà regagné le jardin. Une autre organisation britannique, la fondation John Aspinal, prend en charge leur alimentation. Max, Trixi, Axo, Baxi et Sansi semblent avoir «oublié» la guerre civile. Apparemment bien traités, ils jouent sans interruption à l’approche des visiteurs, dans une cage entièrement rénovée. «Les animaux mangent deux fois par jour des oranges, des concombres, des poivrons, des pamplemousses, des bananes et des ananas. Ils boivent du lait deux fois par jour», se félicite Edith Ntaloulou, employée de la fondation. La direction du jardin envisage un plan d’aménagement pour relancer ses activités. «Nous envisageons de repeupler le jardin en 1999 et d’en faire un centre de formation et d’information du public sur la faune et la flore», explique le directeur, sans préciser comment ces activités seront financées. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Animaux abattus, bâtiments et cages détruits: le zoo de Brazzaville, dévasté par les combats de 1997, n’est plus qu’un champ de ruines. Des 138 animaux du parc, seuls six ont survécu: des chimpanzés sauvés par des fondations britanniques. «Le jardin n’a pas échappé aux affres de la guerre et la situation est désastreuse», résume le directeur de l’établissement, Georges Vheiye Makosso. Le jardin a été créé en 1952 dans les locaux d’un centre de transit d’animaux sauvages, capturés au Congo, au Gabon, au Tchad et en Centrafrique. Jusqu’à la fin des années 40, les bêtes partaient de ce centre de transit vers la France, alors métropole coloniale. Installé dans le quartier de «la patte d’oie», près du Parlement, le zoo était dans la zone contrôlée durant les affrontements de 1997 par les miliciens...