Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Pinochet quittera demain l'armée pour rentrer au Sénat

Le général Augusto Pinochet, 82 ans, abandonnera mardi la direction de la puissante armée de terre chilienne qui l’a soutenu de manière inconditionnelle durant un quart de siècle. Dès mercredi, il prendra ses fonctions de sénateur à vie lors de l’ouverture de la session parlementaire à Valparaiso. C’est cette armée de terre à la prussienne, l’arme la plus ancienne de l’histoire chilienne, transformée en véritable colonne vertébrale du pays, qui a inspiré et organisé le sanglant coup d’Etat militaire, qui renversa le gouvernement du socialiste Salvaod Allende (1970-73). Ironie de l’histoire, c’est Allende qui avait nommé Pinochet au poste de commandant en chef, moins d’un mois avant le coup d’Etat du 11 septembre 1973. Même devenu chef de la junte militaire et doté des pouvoirs absolus, Pinochet est resté à la tête de sa fidèle armée de terre pendant son règne de 17 années à la tête du Chili (1973-1990). Ceux qui se sont opposés au maintien perpétuel de Pinochet au pouvoir, comme l’ancien commandant en chef des forces aériennes, le général Gustavo Leigh, et 18 autres généraux, ont été brutalement destitués en 1978. Les mobilisations populaires, les protestations nationales réprimées, et surtout le plébiscite de 1988, ont eu raison de la prétention de Pinochet à rester au pouvoir huit ans de plus. «Il a couru seul ... et il est arrivé second», écrivait le quotidien d’opposition Fortin Mapocho, faisant allusion au général, après le revers du plébiscite. «Pas une rue du Chili ne portera ton nom», affirmaient alors les calicots brandis par les étudiants. Les analystes politiques s’accordent à dire que Pinochet n’aura bientôt plus de prise sur les militaires, et que l’institution dirigée à présent par le général Richardo Izurieta, commandant en chef nommé par le président Eduardo Frei, n’est déjà plus la même que celle qui a fidèlement soutenu Pinochet depuis 1973. Le sociologue Manuel Antonio Garreton considère qu’«une armée sans Pinochet est radicalement différente. Parce que le général Izurieta représente l’essence même d’un changement de génération». Selon Garreton, le général Izurieta est perçu à l’étranger comme un des plus hauts officiers n’ayant pas été «mouillé» dans le régime militaire. Cependant, un responsable du palais présidentiel La Moneda a indiqué que, selon lui, «il sera difficile à Izurieta d’ignorer les éventuelles attaques contre Pinochet au Sénat». «Je n’arrive pas à imaginer qu’une attaque soit portée contre Pinochet au congrès (Parlement), avec des accusations constitutionnelles et des déclarations dures, et que l’armée dise: nous n’allons pas nous en mêler», a-t-il ajouté, précisant que «du point de vue institutionnel et du fonctionnement de la démocratie, l’armée n’a pas les moyens de défendre Pinochet, une fois celui-ci sorti de ses rangs». Pinochet laisse une institution militaire efficace qui continue de préoccuper les pays limitrophes. Il s’est chargé, avec le «plan Alcanzar», de la moderniser et d’en faire l’une des plus puissantes d’Amérique latine, selon des experts militaires. «Ceci est la cause principale de la fidélité et de l’obéissance sans limites que les officiers, sous-officiers et hommes de troupes accordent à leur chef suprême: le général Augusto Pinochet», ont-ils précisé. En août 1997, Pinochet a expliqué, lors d’une conférence à l’Ecole militaire de Santiago, que «la modernisation des unités militaires ne représentait pas une menace ni une course aux armements de l’armée». (AFP)
Le général Augusto Pinochet, 82 ans, abandonnera mardi la direction de la puissante armée de terre chilienne qui l’a soutenu de manière inconditionnelle durant un quart de siècle. Dès mercredi, il prendra ses fonctions de sénateur à vie lors de l’ouverture de la session parlementaire à Valparaiso. C’est cette armée de terre à la prussienne, l’arme la plus ancienne de l’histoire chilienne, transformée en véritable colonne vertébrale du pays, qui a inspiré et organisé le sanglant coup d’Etat militaire, qui renversa le gouvernement du socialiste Salvaod Allende (1970-73). Ironie de l’histoire, c’est Allende qui avait nommé Pinochet au poste de commandant en chef, moins d’un mois avant le coup d’Etat du 11 septembre 1973. Même devenu chef de la junte militaire et doté des pouvoirs absolus, Pinochet est...