Le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright a tenté samedi, sans grand succès semble-t-il, de convaincre l’Italie de sanctionner fermement la Serbie pour sa répression au Kosovo, en prévision d’une réunion lundi à Londres du Groupe de contact sur l’ex-Yougoslavie. Mme Albright a par contre réussi à faire admettre par Rome qu’il ne fallait pas se rapprocher trop vite de l’Iran malgré les espoirs suscités par l’élection du président Mohammed Khatami. Elle a enfin évoqué avec Jean-Paul II les perspectives de libéralisation du régime cubain, après la visite du pape dans l’île communiste en janvier. Mais les Etats-Unis ne sont toujours pas prêts à assouplir l’embargo qu’ils imposent à Cuba depuis près de 40 ans. S’adressant à la presse après avoir rencontré son homologue Lamberto Dini, Mme Albright a lancé une sévère mise en garde au président yougoslave Slobodan Milosevic, rendu responsable de la violence au Kosovo. Les Etats-Unis, a-t-elle affirmé, ne «toléreront pas la politique de diviser pour régner» dans cette province du sud de la Serbie peuplée à 90 pour cent d’Albanais. Rappelant que Washington a déjà annulé plusieurs mesures en faveur de Belgrade, comme des droits d’atterrissage et l’ouverture d’un consulat, elle a souligné que la Serbie «devait payer le prix pour son action au Kosovo» et que les Etats-Unis essayaient d’en convaincre leurs partenaires. Mais un haut responsable américain a reconnu sous couvert de l’anonymat que Washington se heurtait à des réticences. Il a rappelé que la Russie n’enverrait qu’un vice-ministre des Affaires étrangères à la réunion ministérielle du Groupe de contact (Allemagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Russie). «Il faut rappeler à certains (autres) gouvernements l’importance de la fermeté» envers Belgrade, a-t-il déploré, faisant apparemment allusion à l’Italie et à la France. Il a précisé que Washington demandait à ses alliés de souscrire à des «mesures punitives fortes de nature économique». Au cours de sa conférence de presse avec Mme Albright, M. Dini s’était déclaré «très préoccupé (...) par la réaction brutale de la part du gouvernement de Belgrade». Mais il n’avait à aucun moment parlé de sanctions. M. Dini a par contre concédé à Mme Albright que les déclarations de bonne volonté venues de Téhéran «devaient être suivies d’actions concrètes». Il avait été le premier haut responsable européen à se rendre en Iran après la normalisation diplomatique avec l’Union européenne le 23 février. Washington affirme depuis longtemps que l’Iran doit renoncer à soutenir le terrorisme, à obtenir l’arme atomique et à torpiller les négociations israélo-palestiniennes. «Nous apprécierons tous de voir des changements» à Téhéran, mais «c’est ce que fera l’Iran qui comptera», a réaffirmé Mme Albright. Elle a admis qu’Européens et Américains avaient encore «des divergences sur le rythme et la tactique» d’une normalisation avec l’Iran. Au cours d’une audience privée d’une demi-heure au Vatican, elle s’est informée auprès de Jean-Paul II «de son point de vue sur les perspectives de changement» à Cuba. Un haut responsable du département d’Etat a cependant réaffirmé que les récentes libérations de prisonniers politiques cubains «ne constituaient pas une ouverture» suffisante pour que les Etats-Unis assouplissent leur embargo. Lors de sa visite, Jean-Paul II n’avait manqué aucune occasion de dénoncer l’embargo, tout en appelant à plus de démocratie à Cuba. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright a tenté samedi, sans grand succès semble-t-il, de convaincre l’Italie de sanctionner fermement la Serbie pour sa répression au Kosovo, en prévision d’une réunion lundi à Londres du Groupe de contact sur l’ex-Yougoslavie. Mme Albright a par contre réussi à faire admettre par Rome qu’il ne fallait pas se rapprocher trop vite de l’Iran malgré les espoirs suscités par l’élection du président Mohammed Khatami. Elle a enfin évoqué avec Jean-Paul II les perspectives de libéralisation du régime cubain, après la visite du pape dans l’île communiste en janvier. Mais les Etats-Unis ne sont toujours pas prêts à assouplir l’embargo qu’ils imposent à Cuba depuis près de 40 ans. S’adressant à la presse après avoir rencontré son homologue Lamberto Dini,...