L’ancien Marine Scott Ritter est pour l’Irak le plus agressif des inspecteurs de l’ONU et incarne la domination américaine sur la Commission spéciale des Nations Unies chargée du désarmement irakien. Les autorités irakiennes se plaignent du style agressif de cet ancien commandant des Marines qui ne prend pas de gants lors des inspections, notamment de sites dits «sensibles». D’après un diplomate de haut rang à Bagdad, Scott Ritter à la tête de son équipe avait tenté fin septembre d’inspecter coup sur coup trois palais présidentiels «en sachant pertinemment que les Irakiens» refuseraient. Après avoir été éconduit de deux palais en une soirée, il s’était présenté à la porte du troisième à minuit et les sentinelles irakiennes avaient pointé leurs armes sur les inspecteurs de l’ONU, a raconté ce diplomate qui se trouvait alors avec le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz. Richard Butler avait dénoncé ces incidents en octobre, dans son premier rapport au Conseil de Sécurité en tant que chef de l’UNSCOM. Le 24 octobre, le Conseil adoptait une résolution menaçant l’Irak de nouvelles sanctions à tout moment, mais la Russie, la France et la Chine s’abstenaient. D’après Washington, cette division du Conseil de Sécurité a encouragé l’Irak à ouvrir la crise des inspections, en expulsant les Américains de l’UNSCOM, puis en refusant aux inspecteurs de l’ONU l’accès à des «sites présidentiels». En janvier, Scott Ritter avait inspecté des bâtiments de la Garde républicaine (unités d’élite), des services de renseignements et une prison. Les Irakiens avaient affirmé qu’il cherchait des preuves que des cobayes humains y avaient été utilisés pour des expériences sur des armes chimiques. Le style de travail de Scott Ritter, qui n’a confiance qu’en son équipe, semble aussi susciter des réserves chez certains membres de l’UNSCOM. Un des experts scientifiques de la Commission spéciale s’est plaint que l’Américain lui ait demandé de garder l’entrée d’un site alors que les autres inspecteurs, qui n’étaient pas des experts, y pénétraient. Une autre fois, selon M. Aziz, M. Ritter était repassé derrière un inspecteur français d’origine arabe à Takrit, ville natale du président Saddam Hussein, pour contrôler son travail. L’inspecteur américain marque son dédain pour les questions de protocole sur lesquelles les Irakiens sont pointilleux. Il avait négligé, un jour à sa descente d’avion, de participer à l’incontournable cérémonie d’accueil et était parti directement avec son équipe vers un site sensible. Cet homme à la carrure d’athlète, né en Floride il y a 36 ans, a rejoint l’UNSCOM en septembre 1991, après avoir quitté le corps des Marines en juin de la même année. Il travaillait auparavant pour l’Agence pour la défense nucléaire (1988-1990) du Pentagone et a participé au contrôle des traités américano-soviétiques de désarmement. Il est passé par plusieurs écoles d’officiers de renseignement. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ancien Marine Scott Ritter est pour l’Irak le plus agressif des inspecteurs de l’ONU et incarne la domination américaine sur la Commission spéciale des Nations Unies chargée du désarmement irakien. Les autorités irakiennes se plaignent du style agressif de cet ancien commandant des Marines qui ne prend pas de gants lors des inspections, notamment de sites dits «sensibles». D’après un diplomate de haut rang à Bagdad, Scott Ritter à la tête de son équipe avait tenté fin septembre d’inspecter coup sur coup trois palais présidentiels «en sachant pertinemment que les Irakiens» refuseraient. Après avoir été éconduit de deux palais en une soirée, il s’était présenté à la porte du troisième à minuit et les sentinelles irakiennes avaient pointé leurs armes sur les inspecteurs de l’ONU, a raconté ce...