Netanyahu péremptoire : les européens ne savent rien du Proche-Orient
le 06 mars 1998 à 00h00
Les Européens «ne savent rien du Proche-Orient (…), les Etats-Unis sont les seuls à nous comprendre», affirme péremptoire le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans une interview publiée jeudi par le journal madrilène El Pais. «Notre problème avec les Européens, c’est qu’ils ont un passé colonial et qu’ils croient que les collines de Jérusalem ou de Samarie sont comme celles qu’occupaient les Français en Algérie et les Espagnols aux Philippines», estime-t-il. «Les Etats-Unis sont les seuls à nous comprendre, non pas parce qu’il y a une importante communauté juive dans ce pays, mais parce qu’ils nous identifient à la terre promise, comme l’est l’Amérique», ajoute-t-il. Le premier ministre israélien devait entamer jeudi une courte visite en Espagne, première étape d’une tournée européenne qui le mènera à Bonn, Oslo et Londres. Dans son interview, M. Netanyahu affirme que les Israéliens «ne renonceront pas au droit de coloniser la Judée et la Samarie (Cisjordanie)». «Nous nous installons seulement dans des zones déterminées», indique-t-il. Le premier ministre israélien est partisan de «s’asseoir avec Yasser Arafat, probablement en présence des Etats-Unis, dans une réunion du style de Camp David en 1978 entre Israéliens et Egyptiens, et de négocier sans interruption jusqu’à un accord». Utopie Il est opposé à l’idée «d’une indépendance illimitée de la Palestine, parce que cet Etat pourrait signer des accords militaires avec l’Irak et l’Iran». «Nous serions alors non seulement menacés par les missiles de Saddam Hussein, mais aussi par ses troupes qui seraient à notre porte», juge-t-il. Si le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat proclamait l’indépendance de la Palestine, «il violerait notre contrat», avertit M. Netanyahu. «S’il agit de façon unilatérale, nous le ferons aussi», indique-t-il. Selon M. Netanyahu, il serait «utopique» d’envisager un retrait israélien aux frontières de 1967. Dans une autre interview publiée jeudi par le quotidien de Barcelone (nord-est) La Vanguardia, Benjamin Netanyahu soutient que son gouvernement parviendra «à au moins un accord de paix avant la fin de l’actuelle législature». Concernant un retrait israélien du sud du Liban, il assure «être prêt à sortir» de cette région «à condition que l’autre partie de la résolution soit aussi respectée, à savoir l’établissement d’un régime qui garantisse la paix et la sécurité internationale». Enfin, il dément une information publiée par la revue britannique Foreign Report selon laquelle des soldats israéliens, britanniques et américains opèrent clandestinement en Irak. «Ce n’est pas vrai», a-t-il dit. (AFP)
Les Européens «ne savent rien du Proche-Orient (…), les Etats-Unis sont les seuls à nous comprendre», affirme péremptoire le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans une interview publiée jeudi par le journal madrilène El Pais. «Notre problème avec les Européens, c’est qu’ils ont un passé colonial et qu’ils croient que les collines de Jérusalem ou de Samarie sont comme celles qu’occupaient les Français en Algérie et les Espagnols aux Philippines», estime-t-il. «Les Etats-Unis sont les seuls à nous comprendre, non pas parce qu’il y a une importante communauté juive dans ce pays, mais parce qu’ils nous identifient à la terre promise, comme l’est l’Amérique», ajoute-t-il. Le premier ministre israélien devait entamer jeudi une courte visite en Espagne, première étape d’une tournée...
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