Le président d’une petite entreprise de Tokyo et son épouse ont été retrouvés pendus, mardi, suite à la faillite de leur société. Ils viennent s’ajouter à la liste d’entrepreneurs japonais en difficulté qui ont préféré le suicide à la honte de la cessation de paiements. La crise économique au Japon, aggravée pour les petites entreprises par le refus des banques d’octroyer de nouveaux crédits, place de plus en plus de sociétés en situation de faillite. Le nombre de défaillances d’entreprises a progressé de 24,8% en janvier, pour concerner 1.502 sociétés, ce qui constitue le plus mauvais chiffre depuis la fin de la guerre pour ce mois, selon une enquête mensuelle de la Teikoku Databank, une société spécialisée dans le risque-crédit. Teikoku Databank a expliqué cette nouvelle poussée des faillites par une contraction brutale de l’offre de crédit, notamment pour les entreprises moyennes. «Les difficultés que rencontrent les PME pour lever de nouveaux fonds atteignent un point limite», avertissait le 16 février l’agence spécialisée. «Nous avons des problèmes d’argent», indique une lettre de 11 pages laissée par Yasuo Nakajima (54 ans) et sa femme Akiko (50 ans) découverts mardi pendus dans leur appartement de la capitale, a indiqué la police. «Nous ne pouvons pas trouver l’argent pour payer nos employés», affirme leur message. Ils possédaient une entreprise d’encadrement d’art, Jib Art, avec 10 salariés. Le cas le plus spectaculaire de suicide pour faillite s’est produit le 25 février quand trois dirigeants d’entreprises de pièces détachées automobiles s’étaient pendus dans trois chambres d’un hôtel de la banlieue de Tokyo. Masaaki Kobayashi (51 ans), Masaru Sudo (49 ans) et Yoshimi Shoji (49 ans), partenaires en affaires, avaient loué trois chambres voisines dans un petit hôtel, «Le Piano» (en français), pour quelques «heures de repos» dans la journée. Ils ont bu du whisky et de l’alcool de riz dans une des chambres, fumé les dernières cigarettes, puis ont partagé une corde blanche. Chacun s’est retiré dans sa chambre et s’est pendu au ventilateur. M. Kobayashi, président de Spot Co., avait laissé une lettre pour son chef comptable, affirmant que son assurance-vie de 400 millions de yen (3,1 millions de dollars) pourrait couvrir une partie des dettes de sa société (3,7 milliards de yen). M. Sudo disposait lui aussi d’une assurance-vie pour un montant de 300 millions de yen. Au Japon le suicide n’est pas une cause de non-exécution de contrat d’assurance-vie s’il intervient au moins 12 mois après sa signature. Le jour où il a préféré se donner la mort, M. Kobayashi était dans l’impossibilité de rembourser un prêt de 100 millions de yen arrivé à échéance. Selon les dernières statistiques disponibles, 23.400 Japonais s’étaient suicidés en 1996, parmi lesquels 478 dirigeants d’entreprises (plus 16,3% par rapport à 1995), alors qu’à cette époque les difficultés économiques n’étaient pas aussi sévères qu’aujourd’hui. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président d’une petite entreprise de Tokyo et son épouse ont été retrouvés pendus, mardi, suite à la faillite de leur société. Ils viennent s’ajouter à la liste d’entrepreneurs japonais en difficulté qui ont préféré le suicide à la honte de la cessation de paiements. La crise économique au Japon, aggravée pour les petites entreprises par le refus des banques d’octroyer de nouveaux crédits, place de plus en plus de sociétés en situation de faillite. Le nombre de défaillances d’entreprises a progressé de 24,8% en janvier, pour concerner 1.502 sociétés, ce qui constitue le plus mauvais chiffre depuis la fin de la guerre pour ce mois, selon une enquête mensuelle de la Teikoku Databank, une société spécialisée dans le risque-crédit. Teikoku Databank a expliqué cette nouvelle poussée des faillites...