Les nationalistes hindous, qui seront probablement appelés à diriger l’Inde, ont connu une ascension irrésistible, à la mesure du déclin du Congrès de la «dynastie» Nehru-Gandhi. Pendant plus de 40 ans, le Congrès de Jawaharlal Nehru, d’Indira et de Rajiv Gandhi, a été a lui seul synonyme d’Inde. Aujourd’hui, les nationalistes peuvent légitimement prétendre représenter le pays. «Les temps ont changé», exultait hier un porte-parole, Sushma Swaraj. «L’Inde a voté pour le changement», proclamait la manchette du quotidien The Pioneer, proche des nationalistes. Le BJP (Parti du peuple indien), formation de droite nationaliste au slogan «une nation, un peuple, une culture», a longtemps été un épouvantail, accusé de sectarisme, de fanatisme antimusulman, de «fascisme» même. Mais le «parti safran», couleur sacrée le l’hindouisme, a su modérer son ton et son image, effectuant lors de ces législatives une percée hors de son bastion du nord hindiphone, dans des régions du sud et de l’est du pays où il était quasiment absent. Né en 1980, héritier de la BJS (Société du peuple indien), le BJP, de deux députés sur 545 en 1984 quand le Congrès était au zénith, est passé à 89 en 1989, 119 en 1991 et 162 en 1996 (193 avec ses alliés).Les projections mardi lui en donnaient, avec les petits partis alliés, jusqu’à 250, à 23 de la majorité absolue. Une stratégie de modération Il a présenté comme candidat au poste de premier ministre un homme affable et unanimement respecté, Atal Behari Vajpayee, célibataire de 71 ans aux cheveux blancs, poète à ses heures, de préférence à des leaders plus radicaux qui ont eu la haute main par le passé. Pour ses critiques, et ils sont toujours légion, le BJP n’a fait que dissimuler ses véritables intentions, et M. Vajpayee n’est qu’un «masque». On lui prête la volonté, une fois au pouvoir, d’instaurer un Etat théocratique dans un pays majoritairement hindou mais constitutionnellement laïc, voire de subvertir la démocratie. Les analystes notent cependant qu’il n’a pu faire autrement que d’adopter une stratégie de modération, devant compter pour gouverner sur plusieurs alliés extérieurs. La fragmentation du paysage politique indien impose des coalitions et dissout les idéologies, expliquent-ils. Selon son programme électoral, le BJP veut une Inde «forte» dotée d’armes nucléaires, avec une place dans le monde conforme à la taille d’un pays de 970 millions d’habitants, près d’un cinquième de l’humanité. Il prône un «nationalisme éclairé», notamment en matière d’économie. Il entend réformer les réformes libérales engagées en 1991 après 50 ans d’étatisme, et conduire une «libéralisation interne», protégeant les entreprises indiennes en restreignant, sans cependant les éliminer, les investissements étrangers. Il veut renégocier les traités signés au sein de l’Organisation mondiale du commerce. Il affirme vouloir protéger les minorités religieuses, notamment les musulmans, la principale avec 125 millions de personnes. Mais ce parti champion de l’«hindutva» (nationalisme culturel) veut des lois sociales uniformes en matière par exemple de mariage et de divorce. Ses rivaux l’accusent de sectarisme, notant qu’il n’a jamais condamné la destruction d’une célèbre mosquée par des fanatiques hindous en 1992. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les nationalistes hindous, qui seront probablement appelés à diriger l’Inde, ont connu une ascension irrésistible, à la mesure du déclin du Congrès de la «dynastie» Nehru-Gandhi. Pendant plus de 40 ans, le Congrès de Jawaharlal Nehru, d’Indira et de Rajiv Gandhi, a été a lui seul synonyme d’Inde. Aujourd’hui, les nationalistes peuvent légitimement prétendre représenter le pays. «Les temps ont changé», exultait hier un porte-parole, Sushma Swaraj. «L’Inde a voté pour le changement», proclamait la manchette du quotidien The Pioneer, proche des nationalistes. Le BJP (Parti du peuple indien), formation de droite nationaliste au slogan «une nation, un peuple, une culture», a longtemps été un épouvantail, accusé de sectarisme, de fanatisme antimusulman, de «fascisme» même. Mais le «parti safran»,...