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Actualités - Chronologie

Brecht inédit

A travers manuscrits, objets personnels et maquettes de décors, l’Académie des arts de Berlin propose un voyage inédit dans l’univers du dramaturge Bertolt Brecht, dont l’Allemagne célèbre cette année le centième anniversaire. L’exposition, présentée du 25 janvier au 29 mars, constitue une des principales manifestations du programme prévu à l’occasion de cet anniversaire (documentaires télévisés, conférences, mises en scène). Né le 10 février 1898 à Augsbourg (sud), Bertolt Brecht, mort en 1956, a écrit des monuments du théâtre comme «L’Opéra de quat’sous», «La Vie de Galilée» ou «Mère Courage et ses enfants», dans une œuvre engagée, à la fois cynique et poétique, toujours fidèle à l’idée du socialisme. «Avec cette exposition, nous essayons une autre approche, qui ne soit plus idéologique», comme elle a pu l’être avant la réunification entre RFA et RDA, relève le directeur des archives de l’Académie des arts, Wolfgang Trautwein. «Pour l’Est, Brecht était le grand classique du socialisme. Son image était très fixe», explique-t-il. «A l’Ouest, il était le grand humaniste, ce qui voulait dire en même temps qu’il n’avait plus d’actualité». Intitulée «Vingt-deux tentatives pour décrire une œuvre», l’exposition se penche en autant de chapitres sur Brecht et le marxisme, Brecht et les mythes (Médée, Antigone) ou Brecht et la musique, composante centrale de son théâtre. Plus que la vie de l’auteur, elle retrace son cheminement intellectuel. «Nous voulons montrer comment Brecht travaillait, quelles idées il y avait dans sa tête», explique M. Trautwein. Album de famille De fait, l’exposition est conçue comme un atelier, avec des tables de travail, à l’image de «l’atelier le littérature» que Brecht avait institué et où collaboraient amis et maîtresses, dans un «système de travail collectif». Un fauteuil, une table et quelques objets personnels – une pipe, ses légendaires lunettes rondes – reconstituent sommairement l’ambiance de travail dans son appartement de la Chausseestrasse, à Berlin-Est, au milieu des livres. Tel un album de famille, une série de photos retracent à grands traits la biographie du maître: sa jeunesse à Augsbourg, son arrivée à Berlin dans les années 20, l’exil pendant le nazisme au Danemark puis aux Etats-Unis, et le retour triomphal dans l’Allemagne socialiste en 1949. On y retrouve un Brecht familier, cigare aux lèvres, avec ses épouses successives, ses muses ou ses amis, comme le musicien Kurt Weill. Dans un chapitre intitulé «Le plagiat comme art», l’exposition revient indirectement sur la biographie très contestée de John Fuegi, qui accuse Brecht d’avoir pillé le talent littéraire de ses maîtresses et d’avoir signé finalement plus de contrats que d’œuvres. «Brecht a lui-même dit que le plagiat était une méthode de travail. Son principe même, c’était la collaboration, y compris dans le travail sur scène», souligne M. Trautwein. «La querelle actuelle est une querelle financière d’héritiers». L’exposition présente le fameux texte du poète français François Villon, traduit en allemand, que Brecht a repris dans «L’Opéra de Quat’sous». Elle donne la parole à Brecht, ainsi qu’à plusieurs témoins du temps, sans trancher le débat. (AFP)
A travers manuscrits, objets personnels et maquettes de décors, l’Académie des arts de Berlin propose un voyage inédit dans l’univers du dramaturge Bertolt Brecht, dont l’Allemagne célèbre cette année le centième anniversaire. L’exposition, présentée du 25 janvier au 29 mars, constitue une des principales manifestations du programme prévu à l’occasion de cet anniversaire (documentaires télévisés, conférences, mises en scène). Né le 10 février 1898 à Augsbourg (sud), Bertolt Brecht, mort en 1956, a écrit des monuments du théâtre comme «L’Opéra de quat’sous», «La Vie de Galilée» ou «Mère Courage et ses enfants», dans une œuvre engagée, à la fois cynique et poétique, toujours fidèle à l’idée du socialisme. «Avec cette exposition, nous essayons une autre approche, qui ne soit plus...