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Actualités - Chronologie

Recensement potentiellement explosif au Pakistan

L’armée pakistanaise a entamé lundi un recensement de la population dont le résultat est politiquement explosif notamment en matière d’équilibre ethnique dans les provinces déjà en proie à des violences politico-religieuses meurtrières. Ce qui apparaît ailleurs comme un acte administratif relativement banal est en effet au Pakistan (environ 140 millions d’habitants) un exercice très périlleux. Le dernier dénombrement de la population pakistanaise a eu lieu en 1981 et celui qui devait être entrepris en 1991 a, depuis lors, toujours été repoussé en raison de ce caractère très sensible de ses résultats. Ces derniers temps, les gouvernements des provinces du Sindh et du Balouchistan, les plus sensibles aux résultats, ont réclamé en vain un nouvel ajournement de l’opération. Dans la province méridionale du Sindh, les responsables craignent en effet un développement de la violence nationaliste des Sindhis si les résultats devaient faire apparaître — comme cela est très possible, selon les experts — qu’ils sont minoritaires dans leur propre province. En effet, les Mohadjirs, la population musulmane qui s’est réfugiée au Pakistan lors de la partition du sous-continent indien, se sont massivement installés dans cette province et notamment dans les villes, pour occuper les logements laissés vacants par les Hindous qui, au même moment, faisaient le chemin inverse. Urbanisation Le problème devient encore plus sérieux si l’on ajoute aux Mohadjirs les Penjabis, les Balouches et les Pachtounes attirés dans le sud du pays ces dernières décennies par le dynamisme économique de la province et de sa capitale Karachi, un port de 13 millions d’habitants, en particulier. La frange la plus radicale des Mohadjirs a d’ailleurs anticipé le recensement et s’est livrée ces dernières années à une guérilla urbaine dans le Sindh qui a fait des milliers de morts pour obtenir une représentation politique conforme au poids démographique de cette communauté. Dans l’immense province désertique du Balouchistan voisin, les ombrageux Balouches pourraient aussi avoir la surprise d’avoir à cohabiter avec une communauté pachtoune qui s’accroît notablement au fil des années. A cet égard, les Balouches ont affirmé qu’ils refusaient que soient pris en compte dans le recensement les centaines de milliers de réfugiés afghans de la province, souvent d’origine pachtoune établis de longue date et qui accentueraient encore le poids des Pachtounes. Au Penjab même, la province jusqu’à présent la plus peuplée et la plus puissante du pays, les résultats pourraient faire grincer des dents. Il est en effet connu que la proportion des Penjabis dans la population du pays diminue régulièrement. Alors quelle était de plus de 60% en 1947 elle pourrait être à moins de 50% aujourd’hui. Cela remettrait en cause l’hégémonie politique massive actuelle des Penjabis assurée jusqu’à présent par l’affirmation d’un principe simple: à chaque communauté une représentation politique conforme à son poids démographique. De plus, le Pakistan connaît un phénomène massif d’urbanisation et le recensement devrait rendre caduc l’actuel découpage électoral qui favorise la campagne au Parlement. Or, les sièges de l’Assemblée nationale et du Sénat sont jusqu’à présent massivement occupés par les grands propriétaires terriens conservateurs qui n’entendent pas céder un pouce de leur pouvoir qui leur a permis jusqu’à présent de conserver leurs privilèges. (AFP)
L’armée pakistanaise a entamé lundi un recensement de la population dont le résultat est politiquement explosif notamment en matière d’équilibre ethnique dans les provinces déjà en proie à des violences politico-religieuses meurtrières. Ce qui apparaît ailleurs comme un acte administratif relativement banal est en effet au Pakistan (environ 140 millions d’habitants) un exercice très périlleux. Le dernier dénombrement de la population pakistanaise a eu lieu en 1981 et celui qui devait être entrepris en 1991 a, depuis lors, toujours été repoussé en raison de ce caractère très sensible de ses résultats. Ces derniers temps, les gouvernements des provinces du Sindh et du Balouchistan, les plus sensibles aux résultats, ont réclamé en vain un nouvel ajournement de l’opération. Dans la province méridionale du...