Le prochain gouvernement indien, quel qu’il soit, aura une tâche prioritaire: trouver les moyens de relancer une croissance ralentie au cours de deux ans d’instabilité politique, estimaient les analystes économiques. L’Inde, qui compte près d’un cinquième de l’humanité, est toujours l’un des pays les plus pauvres de la planète, bien que certains secteurs aient commencé à émerger, et l’on estime à au moins 8% la croissance nécessaire ces prochaines années pour qu’il rejoigne les rangs des pays émergents. «Le nouveau gouvernement fera face à une tâche difficile, mais pas impossible, a déclaré Madangopal Damani, président de la bourse de Bombay. Un gouvernement fort, avec une volonté forte, est nécessaire pour renverser la tendance au ralentissement». L’Inde a voté pour ses deuxièmes législatives en deux ans. Le prochain gouvernement sera le cinquième depuis 1996. L’économie s’est ressentie de cette instabilité, le gouvernement, faible et divisé, ayant repoussé des décisions cruciales et des projets de lois visant à accélérer le rythme de la libéralisation engagée en 1991. La croissance du PIB vient d’être revue en nette baisse pour l’année fiscale 1997-98 qui s’achève fin mars, de 7% à 5%. «Nous sommes presque revenus au taux hindou de croissance», a estimé un courtier, Pradip Shah, en référence à la croissance modérée (entre 3 et 4%), comparée à celle du reste de l’Asie, qu’avait connue l’économie étatiste indienne avant la libéralisation du début des années 1990. «Il faut absolument qu’elle revienne à un minimum de 7% annuels», a-t-il dit. Instabilité Les exportations, touchées par la crise des pays d’Asie du sud-est, sont beaucoup moins fortes que prévu, avec une croissance moitié moindre que les 16% envisagés. Le déficit public, que l’on voulait à 4,5%, est d’un point supérieur. Les investissements, notamment dans le domaine crucial d’infrastructures obsolètes, ont subi le contrecoup de l’instabilité. «Le nouveau ministre des Finances aura une tâche difficile pour équilibrer le budget. Les revenus chutent, les dépenses augmentent et la demande ne renaît pas», a noté M. Damani. Selon M. Shah, le gouvernement devra privatiser les infrastructures et libéraliser les secteurs financiers et des assurances pour donner un coup de fouet à la croissance. Les nationalistes hindous du parti BJP, qui ont fait campagne sur le thème de la stabilité, se sont dits forts de former un gouvernement bien qu’ils ne devaient pas atteindre la majorité absolue. Ils se sont prononcés dans leur manifeste électoral pour une croissance de 8 à 9%, un redressement des fondamentaux de l’économie par des mesures d’austérité, et la poursuite de la libéralisation par la stimulation des entreprises indiennes qui seraient protégées de la concurrence extérieure, les investissements étrangers étant limités à certains secteurs. Le parti du Congrès, son principal rival, s’est dit pour une accélération des réformes structurelles afin d’intégrer l’Inde dans l’économie internationale. Mais le Congrès n’aura pas de majorité suffisante pour gouverner seul en cas d’échec du BJP, et il lui faudrait négocier une nouvelle alliance avec le Front uni, coalition gouvernementale sortante de 13 partis allant du centre aux communistes et très divisés sur les questions économiques. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le prochain gouvernement indien, quel qu’il soit, aura une tâche prioritaire: trouver les moyens de relancer une croissance ralentie au cours de deux ans d’instabilité politique, estimaient les analystes économiques. L’Inde, qui compte près d’un cinquième de l’humanité, est toujours l’un des pays les plus pauvres de la planète, bien que certains secteurs aient commencé à émerger, et l’on estime à au moins 8% la croissance nécessaire ces prochaines années pour qu’il rejoigne les rangs des pays émergents. «Le nouveau gouvernement fera face à une tâche difficile, mais pas impossible, a déclaré Madangopal Damani, président de la bourse de Bombay. Un gouvernement fort, avec une volonté forte, est nécessaire pour renverser la tendance au ralentissement». L’Inde a voté pour ses deuxièmes législatives...