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Actualités - Chronologie

La France dans l'Euro à la virgule près...

La France est l’un des rares prétendants à la monnaie unique à respecter à la lettre les cinq critères de Maastricht pour entrer dans l’euro, mais elle fait moins bien que ses partenaires en termes de déficits publics. Les déficits publics (budget, collectivités locales et comptes sociaux) de la France ont atteint l’an dernier 244,5 milliards de F (40 mds de dollars), soit 3,02% du produit intérieur brut (PIB), juste à la limite impartie pour passer à la monnaie unique. En 1996, ils s’établissaient encore à 4,9% du PIB. Mais les principaux partenaires de la France ont fait mieux: les déficits publics ont atteint 2,7% en Italie comme en Allemagne. Le ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn, a commenté sobrement la nouvelle diffusée par l’institut des statistiques (INSEE), qui semblait encore impensable il y a seulement 8 mois, même si le lancement de la monnaie unique sans la France paraissait impossible. Le choix définitif des pays fondateurs de l’euro se fera le 2 mai à Bruxelles au cours d’un Sommet européen extraordinaire et le pacte de stabilité négocié par les Quinze à Dublin fait l’obligation de respecter ces critères sur la durée. La France est, avec la Finlande et le Luxembourg, le seul prétendant au lancement de la monnaie unique à satisfaire au critère de la dette publique qui atteint 58% du PIB. Maastricht requiert un niveau de 60% ou moins. Peut-être agacé par les leçons données depuis des années par la vertueuse Allemagne, M. Strauss-Kahn a fait remarquer qu’il n’y avait «pas de raison que ce critère soit considéré avec moins de rigueur que les autres». L’Allemagne, qui il est vrai à dû financer la réunification, sera à 61,3% et les Pays-Bas seront largement au-dessus autour de 70%. L’Italie et la Belgique sont respectivement à 121,6 et 122,2%. Les trois critères restant (stabilité des changes, taux d’intérêt et inflation) sont respectés sans problème par Paris. Phase de croissance «La France est en ligne avec ce qu’il fallait faire pour entrer dans l’euro», a déclaré M. Strauss-Kahn, en soulignant que le gouvernement avait «fait les économies nécessaires». Le ministre ne s’est pas privé de souligner que lors de la passation de pouvoir entre le premier ministre Alain Juppé (droite néo-gaulliste) et son successeur Lionel Jospin (socialiste) en juin 97, on s’attendait à un déficit public de 3,7%, ensuite confirmé par un audit qui tablait sur une fourchette de 3,5 à 3,7%. Il a rappelé que le gouvernement avait augmenté les recettes fiscales et réduit les dépenses, reconnaissant que «ce qui n’est pas de notre fait, c’est que nous nous trouvons dans le démarrage d’une phase de croissance». La croissance en France a atteint 2,4% en 1997 et devrait s’accélérer à 3% en 1998, selon les prévisions officielles du ministre. M. Strauss-Kahn a relativisé les comparaisons avec d’autres pays sur les déficits publics en soulignant que «les calculs ne sont pas totalement harmonisés». De son côté le président de la République, Jacques Chirac (néo-gaulliste), se «réjouit que la France soit désormais en mesure de respecter l’ensemble des critères décidés à Maastricht et nécessaires pour la mise en œuvre de l’euro», a déclaré son porte-parole Catherine Colonna. Le président a estimé que «les efforts importants accomplis depuis 1995 ont permis de réduire considérablement les déficits publics de notre pays», a souligné Catherine Colonna. Le président a estimé que «les efforts importants accomplis depuis 1995 ont permis de réduire considérablement les déficits publics de notre pays», a souligné Catherine Colonna. «L’effort de redressement de nos comptes publics n’est cependant pas achevé. Il nécessite d’être poursuivi avec détermination», a conclu le porte-parole. (AFP)
La France est l’un des rares prétendants à la monnaie unique à respecter à la lettre les cinq critères de Maastricht pour entrer dans l’euro, mais elle fait moins bien que ses partenaires en termes de déficits publics. Les déficits publics (budget, collectivités locales et comptes sociaux) de la France ont atteint l’an dernier 244,5 milliards de F (40 mds de dollars), soit 3,02% du produit intérieur brut (PIB), juste à la limite impartie pour passer à la monnaie unique. En 1996, ils s’établissaient encore à 4,9% du PIB. Mais les principaux partenaires de la France ont fait mieux: les déficits publics ont atteint 2,7% en Italie comme en Allemagne. Le ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn, a commenté sobrement la nouvelle diffusée par l’institut des statistiques (INSEE), qui semblait encore impensable il...