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Actualités - Chronologie

Internet au secours des sans-abri

Les milliers de sans-abri qui échouent à San Francisco, comme ceux qui hantent les grandes agglomérations américaines, ont de plus en plus recours à Internet pour retrouver une place dans la société. «Internet est un don du ciel», affirme Anitra Freeman, 48 ans, jointe par courrier électronique. Maniaco-dépressive, elle a vécu quatre mois dans la rue après la perte d’un emploi de programmeur chez Boeing, et milite à Seattle en faveur des sans-abri. Utiliser Internet pendant quelques mois lui a permis comme à d’autres autour d’elle «de reprendre confiance en soi», de «devenir plus dynamique et ouvert». Internet fournit une adresse à qui n’en a pas et ôte les inhibitions de qui redoute d’être jugé sur son apparence. C’est aussi une source d’informations et de contacts incomparable. Bibliothèques et associations d’aide au quart-monde l’ont compris, qui ouvrent des salles informatiques avec accès à Internet, animées par des formateurs. La mairie de San Francisco en publie la liste. La bibliothèque municipale est une destination privilégiée, avec le centre informatique de l’Eglise méthodiste de Glide Memorial, qui propose 45 ordinateurs en libre accès le week-end. «Le refuge fait face aux besoins de première nécessité. Mais il faut aussi aider ces gens à aller plus loin», souligne Erick Swenson, porte-parole de l’Episcopal Sanctuary, une organisation fondée par l’Eglise épiscopable et pionnière dans le domaine informatique. Jeté sur les routes par une dépendance au crack, Tedrico Latham est arrivé à San Francisco l’an dernier au terme de quatre années d’errance dans 26 Etats. «Sans adresse e-mail, je me serais senti privé de toute identité et complètement isolé», affirme-t-il. Selon lui, «il n’existe rien qui ne soit accessible sur Internet»: les adresses des lieux d’accueils, banques alimentaires et centres de soins gratuits sont là, de même qu’une pléthore de sites pour trouver un emploi. Sa réinsertion professionnelle, M. Latham la doit à Internet. «Une fois que j’ai découvert l’efficacité d’une adresse e-mail accompagnée d’une page Web (pour prendre des contacts), j’ai vraiment été motivé pour m’en sortir». Il a appris seul HTML et Javascript, les langages qui permettent de construire les sites Web, et a lu tous les cours de marketing, de publicité et de Conseil disponibles sur Internet et dans les bibliothèques. Retourné l’été dernier dans sa Caroline du Nord natale, il a créé à 28 ans une société de design de sites et branché en ligne l’entreprise de céramiques de sa famille. Il affirme ne plus se droguer depuis six mois. A 50 ans, Matthew a passé le quart de sa vie dans la rue et survit depuis trois ans d’une maigre subvention. Depuis un mois, il hante la bibliothèque de San Francisco, les yeux rivés sur l’écran. «C’est la première fois de ma vie que j’ai le sentiment de pouvoir appartenir à une communauté». Il est «moins intimidant d’être sur Internet que de rencontrer les gens face à face», dit-il doucement. Comme nombre de ses compagnons d’infortune, Matthew envisage de créer sa propre page Web et d’y publier les notes accumulées au fil des années. «Internet m’a permis de découvrir ce qui existe pour les jeunes comme moi», témoigne Monet Penikila, 20 ans, étudiante au Centre de formation du Sanctuary. Après trois ans et demi d’errance, elle réside depuis l’été dans un centre d’hébergement temporaire pour jeunes sans-abri. «Internet me sert à construire ma page poésie et à chercher du boulot», poursuit-elle. «Je peux envisager un avenir maintenant». (AFP)
Les milliers de sans-abri qui échouent à San Francisco, comme ceux qui hantent les grandes agglomérations américaines, ont de plus en plus recours à Internet pour retrouver une place dans la société. «Internet est un don du ciel», affirme Anitra Freeman, 48 ans, jointe par courrier électronique. Maniaco-dépressive, elle a vécu quatre mois dans la rue après la perte d’un emploi de programmeur chez Boeing, et milite à Seattle en faveur des sans-abri. Utiliser Internet pendant quelques mois lui a permis comme à d’autres autour d’elle «de reprendre confiance en soi», de «devenir plus dynamique et ouvert». Internet fournit une adresse à qui n’en a pas et ôte les inhibitions de qui redoute d’être jugé sur son apparence. C’est aussi une source d’informations et de contacts incomparable. Bibliothèques et...