La punition en public, avec flagellation des coupables, amputation des mains, voire des mises à mort, tend à devenir un spectacle hebdomadaire à Kaboul pour la population de la capitale en manque de distractions depuis l’arrivée au pouvoir en Afghanistan des Taliban. Selon le gouverneur taliban de Kaboul, Mullah Manan Niazi, les barrières bureaucratiques qui ont empêché jusqu’à une date récente l’application stricte de la charia, la loi islamique, ont pu être levées, ouvrant ainsi la voie à ces spectacles appelés à devenir hebdomadaires. «Il y a vingt-cinq cas de meurtres qui attendent toujours d’être sanctionnés par la peine capitale, ainsi que douze voleurs qui auront bientôt leurs mains coupées», a expliqué le gouverneur. Evoquant l’amputation des mains de deux voleurs vendredi et la flagellation d’une femme adultère dans l’enceinte du stade olympique de Kaboul, devant quelque 30.000 spectateurs, M. Niazi a expliqué qu’à la suite d’une purge qui a permis d’écarter «des hommes faibles» des principaux ministères, plus rien ne s’opposait à l’organisation de spectacles hebdomadaires de punition. «Nous avons eu un réel obstacle, mais à présent la voie est libre», a-t-il noté, visiblement satisfait du nombre de spectateurs qui ont envahi le stade olympique pour «l’événement» de vendredi. Privés de cinéma… Privés de cinéma, de musique, de télévision — distractions strictement interdites par les Taliban depuis leur prise de contrôle de Kaboul en septembre 1996 — le stade était rempli d’hommes et d’adolescents appelés à assister au spectacle. Seules trois femmes étaient présentes dans l’enceinte: Suhaila, une Afghane accusée d’adultère et qui recevait 100 coups légers de fouet destinés à l’humilier, ainsi que deux de ses proches. La femme a été forcée de s’agenouiller au centre du terrain de football, entièrement voilée, pour recevoir les coups de fouet, frappés à l’aide d’une lanière en cuir. Elle a ensuite été conduite en voiture à l’extérieur du stade tandis qu’un étudiant en religion récitait une prière griffonnée au dos d’une cartouche de cigarettes et que les spectateurs entonnaient des chants religieux. Ce fut ensuite au tour des deux voleurs, Hamidullah et Habibullah, d’être conduits dans le stade dans une camionnette tout terrain. Amputation de deux voleurs Les deux hommes, accusés d’avoir volé des biens d’un montant de 19.289.000 afghanis (environ 600 dollars) dans un magasin de Kaboul, se sont ensuite avancés au centre du stade avec leurs mains attachées. Quatre chirurgiens employés par le ministère de la Santé publique, qui se trouvaient derrière dans un véhicule, sont sortis, cramponnés à leurs sacoches en cuir, affublés de blouses et de masques de chirurgiens de couleur bleu ciel. Les chirurgiens ont d’abord administré des anesthésiques avant de couper, avec des scalpels, les mains droites des deux hommes. Les mains soigneusement découpées furent ensuite prises par l’index et tenues en l’air par un guerrier taliban souriant. «Regardez, ceci est la main coupée d’un voleur et c’est la punition prévue par la charia pour chacun de vous si vous êtes surpris en train de voler», s’est-il écrié. Cadavre exposé dans la rue Déjà la semaine dernière, un cambrioleur présumé avait subi la même punition. Une semaine plus tôt, un homme accusé de sabotage fut pendu et son cadavre exposé dans les rues de Kaboul. En dépit de fréquentes protestations des organisations chargées des droits de l’homme, la population de Kaboul estime que les terribles mesures prises par les Taliban ont transformé la capitale en une ville sûre. Contrairement à la région nord contrôlée par l’opposition, les zones sous administration des Taliban sont presque complètement débarrassées de malfaiteurs et de voleurs à la tire. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La punition en public, avec flagellation des coupables, amputation des mains, voire des mises à mort, tend à devenir un spectacle hebdomadaire à Kaboul pour la population de la capitale en manque de distractions depuis l’arrivée au pouvoir en Afghanistan des Taliban. Selon le gouverneur taliban de Kaboul, Mullah Manan Niazi, les barrières bureaucratiques qui ont empêché jusqu’à une date récente l’application stricte de la charia, la loi islamique, ont pu être levées, ouvrant ainsi la voie à ces spectacles appelés à devenir hebdomadaires. «Il y a vingt-cinq cas de meurtres qui attendent toujours d’être sanctionnés par la peine capitale, ainsi que douze voleurs qui auront bientôt leurs mains coupées», a expliqué le gouverneur. Evoquant l’amputation des mains de deux voleurs vendredi et la flagellation...