Le harcèlement téléphonique est devenu au cours des derniers mois un fléau social et culturel dans les grandes villes iraniennes, en particulier à Téhéran où plus de 50.000 plaintes ont été enregistrées par les PTT iraniens en quelques mois. «En l’espace de neuf mois, nous avons répertorié au total 56.402 cas de harcèlements téléphoniques à Téhéran», révèle un rapport des PTT publié par la presse. Les appels répétés, à toute heure du jour ou de la nuit, touchent les femmes et principalement les jeunes filles. Ce phénomène prend une dimension alarmante pendant l’été et les vacances scolaires dans les grandes villes, relève ce rapport. La multiplication des cas de harcèlement téléphonique pourrait s’expliquer par le fait que les jeunes sont de plus en plus à la recherche de partenaires du sexe opposé. Les relations entre personnes non mariées sont strictement interdites en Iran depuis la révolution islamique de 1979. Les garçons recourent ainsi de plus en plus au téléphone dans l’espoir de trouver une partenaire en composant des numéros au hasard. Pour certains experts, ce phénomène a souvent une origine psychologique et révèle un déséquilibre, un échec social ou professionnel, ou tout simplement un ressentiment. A l’approche des vacances, les cas de harcèlement téléphonique se multiplient. Le chômage, la situation financière, le désarroi et le manque d’activités sportives sont parmi les explications fournies par les sociologues pour expliquer cette aggravation du problème. Selon les experts des PTT, sur les deux millions de lignes téléphoniques de Téhéran, 4.000 lignes utilisées pour «harcèlement» ont été coupées temporairement. Après un premier avertissement, les PTT coupent systématiquement la ligne pour une durée limitée, et en cas de récidive, la ligne est coupée définitivement. Devant la montée de ce phénomène, le législateur islamique a pris des mesures draconiennes: outre des sanctions financières et la coupure de ligne, toute personne reconnue coupable de harcèlement téléphonique encourt jusqu’à six mois de prison. Les PTT ont en outre mis en œuvre d’importants moyens techniques pour repérer les harcèlements, selon un expert iranien des télécommunications cité par la presse. Les utilisateurs exigent cependant davantage de sanctions à l’égard des personnes qui harcèlent les autres au téléphone. «C’est une forme de sadisme», estime le journal conservateur «Ghod’s» (Jérusalem), selon lequel Alexander Graham Bell, l’inventeur du téléphone, n’aurait jamais cru que son invention poserait un jour un problème aussi embarrassant. «Cet instrument si utile est devenu un moyen de violer les valeurs sociales sacrées», ajoute le journal, relevant que les auteurs de ce genre de délit «devaient être considérés comme des malades mentaux». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le harcèlement téléphonique est devenu au cours des derniers mois un fléau social et culturel dans les grandes villes iraniennes, en particulier à Téhéran où plus de 50.000 plaintes ont été enregistrées par les PTT iraniens en quelques mois. «En l’espace de neuf mois, nous avons répertorié au total 56.402 cas de harcèlements téléphoniques à Téhéran», révèle un rapport des PTT publié par la presse. Les appels répétés, à toute heure du jour ou de la nuit, touchent les femmes et principalement les jeunes filles. Ce phénomène prend une dimension alarmante pendant l’été et les vacances scolaires dans les grandes villes, relève ce rapport. La multiplication des cas de harcèlement téléphonique pourrait s’expliquer par le fait que les jeunes sont de plus en plus à la recherche de partenaires du sexe...