Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Madrid, le plus grand port de pêche d'Europe

Ni sur l’Atlantique, ni sur la mer du Nord, encore moins sur la Méditerranée: le plus grand «port de pêche d’Europe» est à 400 kilomètres de la mer et 600 mètres d’altitude, au cœur de la péninsule ibérique: Madrid. «On parle de “port de pêche” pour frapper les esprits, mais Madrid est bien le plus grand marché aux poissons d’Europe et le deuxième au monde après Tokyo», rectifie Carlos Martinez Perez, chef du service de relations publiques de Mercamadrid, le gigantesque marché de gros de la capitale espagnole. Port de pêche sans bateau, ni marin, Mercamadrid voit s’échapper tous les jours entre 500 et 1.000 tonnes de marchandises, selon la saison, du poisson frais aux fruits de mer en passant par les produits congelés. Ses fournisseurs appartiennent au monde entier: crevettes du Sénégal ou de Namibie, thon du Chili ou de Terre-Neuve, crustacés de l’océan Indien. Et toute la gamme, très large, de poissons frais venus en quelques heures des côtes de Galice et du Pays basque, sur l’Atlantique, et d’Andalousie et Catalogne, sur la Méditerranée. «Déjà au XVIe siècle, Madrid était le plus gros marché aux poissons d’Espagne», explique Jesus Jimenez, un des gérants de la halle aux poissons de Mercamadrid, qui accueille 154 grossistes sur 33.000 m2, la surface de six terrains de football. «Le poisson venu des côtes nord passait par les montagnes où on le plaçait dans la glace et celui venu du sud était salé: les Madrilènes ont toujours été de gros consommateurs de poisson, peut-être pour se consoler de leur éloignement de la mer», poursuit Jesus. Des produits variés On trouve de tout à Mercamadrid, où se pressent chaque jour — sauf le dimanche — quelque 5.000 acheteurs. Jesus n’a pas assez de doigts aux deux mains pour recenser les produits de Mercamadrid: une dizaine dans la famille des thons, une quinzaine pour celles des daurades, près de vingt pour la morue, encore plus pour les soles, les calamars ou les crustacés. Une variété qu’il affirme supérieure à celle du marché de Tokyo, le grand rival sur un marché désormais mondial. Avec une pointe de regret, Jesus avoue que les plus belles pièces, les thons de plus de 300 kilos ou les espadons, sont presque systématiquement raflées par les Japonais qui font de la surenchère sur toutes les mers du monde. Dans les allées du marché, les thons rouges ou germons s’alignent sur les présentoirs, avant de perdre la tête sous les coups de hachette précis des évideurs. Les cageots de crevettes, gambas, langoustines ou langoustes s’empilent si haut que le regard a parfois du mal à discerner leur contenu. Des tas de petits sacs de toiles de jute grouillent et semblent respirer: les petits crabes rouge vivants qu’ils renferment iront tout à l’heure enrichir la paella. D’un coup d’œil expert, Jesus repère la provenance des coquillages: clovisses d’Italie, couteaux du Pays basque, moules du Portugal ou pouce-pieds — la Rolls des coquillages pour les Madrilènes — de Galice. Son œil salive presque à la vue des pibales, alevins d’anguille d’une finesse très prisée, pêchées il y a quelques heures dans les eaux du Pays basque espagnol ou français. Intarissable sur les mille et une manières de préparer une friture d’éperlans ou une daurade au four, Jesus se réjouit de la disparition des saisons: on trouve maintenant de tout et toute l’année. Et de la permanence des traditions, religieuses ou laïques, qui font de la période du carême, de début mars à Pâques à la mi-avril, et des fêtes de fin d’année, les deux temps très forts du «premier port de pêche d’Europe». (AFP)
Ni sur l’Atlantique, ni sur la mer du Nord, encore moins sur la Méditerranée: le plus grand «port de pêche d’Europe» est à 400 kilomètres de la mer et 600 mètres d’altitude, au cœur de la péninsule ibérique: Madrid. «On parle de “port de pêche” pour frapper les esprits, mais Madrid est bien le plus grand marché aux poissons d’Europe et le deuxième au monde après Tokyo», rectifie Carlos Martinez Perez, chef du service de relations publiques de Mercamadrid, le gigantesque marché de gros de la capitale espagnole. Port de pêche sans bateau, ni marin, Mercamadrid voit s’échapper tous les jours entre 500 et 1.000 tonnes de marchandises, selon la saison, du poisson frais aux fruits de mer en passant par les produits congelés. Ses fournisseurs appartiennent au monde entier: crevettes du Sénégal ou de...