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Actualités - Chronologie

Les femmes sur la touche

Quelque 280 millions d’Indiennes sont électrices. A l’issue des législatives, seules quelques dizaines seront élues. Cinquante ans après l’indépendance de la plus grande démocratie du monde, le rôle politique de la femme indienne reste mineur. Et ce n’est pas parce que la vedette de ces élections, bien qu’elle ne soit pas candidate elle-même, est une femme, Sonia Gandhi, veuve de l’ex-premier ministre assassiné Rajiv Gandhi, que les choses devraient rapidement changer. Les analystes estiment que Sonia, comme avant elle sa belle-mère Indira lorsqu’elle devint premier ministre, a été poussée sous les projecteurs de la politique en raison plus de son statut d’héritière de la «dynastie» Nehru-Gandhi que de ses capacités politiques. Pour Madhu Kishwar, féministe et rédactrice-en-chef d’un magazine féminin, il est trop tôt en Inde pour parler des questions strictement relatives aux femmes alors que le pays reste endigué dans les problèmes de pauvreté, de manque d’éducation, de démographie galopante et de corruption. «Santé, éducation, soins des enfants: ce sont les problèmes de tout le monde. Le système ne fonctionne pour personne», dit-elle. «Il n’y a pas besoin de quelques lignes sur les femmes dans les manifestes électoraux». Ce n’est pas l’avis de tout le monde. Pour beaucoup, y compris l’Organisation mondiale de la Santé et l’UNICEF, la clef d’une solution aux problèmes de l’Inde est l’éducation des filles, encore souvent considérées comme un fardeau. Cela conduirait à de meilleures conditions sanitaires, un contrôle des naissances, des emplois féminins et en fin de compte un plus grand rôle de la femme. Quelques progrès Il y a eu quelques progrès au cours des dernières années. Des places leur ont été réservées dans les conseils municipaux et locaux. Mais lorsqu’un projet de loi imposant un quota de 30% de femmes au sein des Parlements fédéral et des différents Etats fut étudié l’an dernier, il fut rejeté avec des hauts cris par les députés masculins, tous partis confondus. Certains d’entre eux furent abondamment cités lorsqu’ils appelèrent les féministes, les «partakis» (littéralement «les femmes aux cheveux courts»), à rester à leur place, à la maison. Si ce rejet scandalisa les femmes des classes moyennes, il n’en devint pas pour autant une question électorale dans les campagnes, là où vit 70% des 970 millions d’Indiens. Là, les femmes sont plus préoccupées par le nombre de km qu’elles doivent parcourir chaque jour pour aller chercher de l’eau potable ou par l’alcoolisme de leurs maris. Elles ont d’ailleurs obtenu une prohibition dans certains Etats. Le nombre des femmes à la Chambre fédérale a certes augmenté, de 22 en 1952 (4,4%) à 40 en 1996 (7,3%), et les partis affirment tous être pour le quota de 33%. Mais sur le total de 4.700 candidats aux législatives cette année, 252 sont des femmes. «Hélas, en dépit des grandes promesses de tous les partis politiques, le nombre des femmes candidates reste minuscule», a déclaré le chef de la commission électorale, M.S. Gill. «Ce n’est pas un bon signe pour le pays». (AFP)
Quelque 280 millions d’Indiennes sont électrices. A l’issue des législatives, seules quelques dizaines seront élues. Cinquante ans après l’indépendance de la plus grande démocratie du monde, le rôle politique de la femme indienne reste mineur. Et ce n’est pas parce que la vedette de ces élections, bien qu’elle ne soit pas candidate elle-même, est une femme, Sonia Gandhi, veuve de l’ex-premier ministre assassiné Rajiv Gandhi, que les choses devraient rapidement changer. Les analystes estiment que Sonia, comme avant elle sa belle-mère Indira lorsqu’elle devint premier ministre, a été poussée sous les projecteurs de la politique en raison plus de son statut d’héritière de la «dynastie» Nehru-Gandhi que de ses capacités politiques. Pour Madhu Kishwar, féministe et rédactrice-en-chef d’un magazine...