La privatisation partielle de la compagnie aérienne française, Air France, sera lancée d’ici la fin 1998, avec 30% du capital mis sur le marché ou offert aux pilotes, a annoncé lundi le gouvernement. Les ministres de l’Economie Dominique Strauss-Kahn et des Transports Jean-Claude Gayssot ont donné le feu vert à cette privatisation qui à terme réduira à 53% la part de l’Etat dans Air France, la 8e compagnie mondiale. Un maximum de 20% du capital sera placé en Bourse, tandis que 10% du capital sera proposé aux pilotes et «cadres à hauts revenus», en échange d’une réduction négociée de 15% de leurs salaires. Le montant de la tranche introduite en Bourse sera fonction de l’estimation de la valeur d’Air France à laquelle travaillent de grandes banques-conseil. L’actuelle fourchette se situe entre 15 et 25 mds de FF (2,5 et 4 mds USD). A la fin 1998, le capital devrait se répartir comme suit: 67% pour l’Etat, 20% pour le marché, 10% pour les salariés et 3% dans le secteur public. A un terme non indiqué, l’Etat n’en aura plus que 53% contre 93% aujourd’hui. Le troc actions contre salaires a reçu un accueil froid des syndicats. «En démocratie, l’actionnariat ne s’impose pas, il se choisit», a estimé le SNPL Air Inter, un syndicat de pilotes, le qualifiant de «marché de dupes». «Nous demandons aux pilotes de prendre acte de ce que leurs rémunérations actuelles sont plus élevées que celles des autres pilotes européens», a estimé le Pdg d’Air France, Jean-Cyril Spinetta. La privatisation d’Air France, décidée par la droite et repoussée par la gauche à son arrivée au pouvoir en juin 97, avait été à l’origine du départ spectaculaire de l’ex-patron de la compagnie Christian Blanc, en septembre. Le premier ministre socialiste Lionel Jospin avait exigé que l’Etat reste majoritaire, contrairement aux vœux de M. Blanc qui demandait une ouverture du capital à plus de 50%. La décision de Paris avait été critiquée par le Commissaire européen à la concurrence Karel van Miert, qui a stigmatisé «le frein au décollage d’Air France pour des raisons de politique intérieure». L’opération de privatisation doit être menée dans les prochains mois pour profiter de la bonne conjoncture du transport aérien et des bons résultats que la compagnie nationale devrait annoncer pour l’exercice 1997-1998. Air France, qui emploie 46.000 personnes, s’attend à un bénéfice net de l’ordre de 1,7 md de FF (près de 300 millions de dollars) pour cet exercice, alors que les pertes avaient atteint 7,8 mds de FF (1,3 md USD) en 1993. Plusieurs opérations de privatisations ont été récemment reprises ou lancées par le gouvernement, notamment France Télécom, à la fin de l’an dernier, ou encore le groupe bancaire CIC dont le résultat interviendra fin mars. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La privatisation partielle de la compagnie aérienne française, Air France, sera lancée d’ici la fin 1998, avec 30% du capital mis sur le marché ou offert aux pilotes, a annoncé lundi le gouvernement. Les ministres de l’Economie Dominique Strauss-Kahn et des Transports Jean-Claude Gayssot ont donné le feu vert à cette privatisation qui à terme réduira à 53% la part de l’Etat dans Air France, la 8e compagnie mondiale. Un maximum de 20% du capital sera placé en Bourse, tandis que 10% du capital sera proposé aux pilotes et «cadres à hauts revenus», en échange d’une réduction négociée de 15% de leurs salaires. Le montant de la tranche introduite en Bourse sera fonction de l’estimation de la valeur d’Air France à laquelle travaillent de grandes banques-conseil. L’actuelle fourchette se situe entre 15 et 25 mds...