Hollywood, inquiet de voir une série de films bientôt tomber dans le domaine public, cherche à prolonger la durée de ses droits d’auteur mais un universitaire en colère se dresse pour empêcher les nababs du cinéma d’obtenir ce qu’ils veulent. L’affrontement oppose d’un côté l’empire Walt Disney, les syndicats des acteurs, des metteurs en scène et des scénaristes d’Amérique, ainsi que l’Académie des arts et des sciences du cinéma, qui décerne tous les ans les Oscars du septième art. De l’autre, un professeur à la faculté de droit de l’université de l’Etat de l’Arizona, Dennis Karjala qui, avec l’appui de la société des archivistes américains et l’Association des professeurs d’université, souhaite que des œuvres musicales et littéraires tout comme des personnages de dessins animés puissent devenir partie du domaine public. Le problème est suscité par le fait qu’en 2011, les droits d’auteur vont expirer sur une soixantaine de dessins animés de Walt Disney, parmi lesquels «Alice au pays des merveilles», mais aussi la «Rhapsody in Blue» de George Gershwin, des romans d’Ernest Hemingway et des poèmes de T.S. Eliot. Une fois que ces droits auront expiré, artistes et écrivains seront autorisés à utiliser ou adapter ces créations dans leurs propres œuvres et les stations de radio n’auront plus à payer pour la diffusion d’œuvres musicales tombées dans le domaine public. C’est ainsi que «Romeo et Juliette» de Shakespeare a pu donner naissance à «West Side Story» ou que les romans de Jane Austen ont pu être adaptés au cinéma dans «Sense and Sensibility» et «Emma». Le roman de Victor Hugo «Notre-Dame de Paris» est devenu un film et aussi un dessin animé et «Amadeus» présentait non seulement la vie de Mozart mais aussi sa musique, sans que cela coûte un sou aux producteurs du film. Incohérence Un projet de loi, soutenu par Hollywood, a été présenté devant le Congrès des Etats-Unis afin de prolonger pendant vingt ans les droits d’auteur sur la musique, les livres et les films actuellement protégés entre cinquante et soixante-quinze ans. C’est là qu’intervient Dennis Karjala qui, avec son groupe, inonde les élus de lettres les adjurant de rejeter ce texte. «Je veux que les Américains sachent que quelqu’un était présent lorsqu’ils demanderont ce qu’il est advenu de leur héritage culturel, a-t-il expliqué dans une interview. Je ne gagnerai pas mais quelqu’un se devait de faire quelque chose». Dennis Karjala rappelle que les figures aujourd’hui banales de l’Oncle Sam, symbole des Etats-Unis, ou du Père Noël avec sa barbe blanche et sa robe rouge étaient protégées jusqu’en 1972. «Cela est devenu une part de notre héritage culturel. Je pense que Mickey l’est aussi, tout comme «Rhapsody in Blue»», poursuit-il, en reconnaissant que le rongeur créé par Disney ne risque pas de tomber dans le domaine public car il s’agit d’une marque déposée. Mais, s’insurge-t-il, «les Américains se font escroquer et ils ne s’en rendent pas compte. Il y a des pièces de théâtre adaptés des livres de Hemingway qui ne sont pas produites du fait des restrictions de droits d’auteur». Pour Ken Greene, un porte-parole de Walt Disney, une prolongation de la protection des droits d’auteur est nécessaire pour protéger des personnages soigneusement cultivés par la société. Les syndicats veulent pour leur part protéger les droits de leurs adhérents. Dennis Karjala rétorque que si des classiques tombent dans le domaine public, «Disney sera libre de s’en emparer et de leur donner une nouvelle vie», comme il l’a fait avec l’adaptation de «Notre-Dame de Paris». «Le public s’en portera mieux». Mais, ajoute-t-il, Disney n’est «pas cohérent» en voulant prolonger les droits d’auteur sur ses propres produits tout en «choisissant librement ce qu’ils veulent dans le domaine public lorsqu’ils en ont envie». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Hollywood, inquiet de voir une série de films bientôt tomber dans le domaine public, cherche à prolonger la durée de ses droits d’auteur mais un universitaire en colère se dresse pour empêcher les nababs du cinéma d’obtenir ce qu’ils veulent. L’affrontement oppose d’un côté l’empire Walt Disney, les syndicats des acteurs, des metteurs en scène et des scénaristes d’Amérique, ainsi que l’Académie des arts et des sciences du cinéma, qui décerne tous les ans les Oscars du septième art. De l’autre, un professeur à la faculté de droit de l’université de l’Etat de l’Arizona, Dennis Karjala qui, avec l’appui de la société des archivistes américains et l’Association des professeurs d’université, souhaite que des œuvres musicales et littéraires tout comme des personnages de dessins animés...