L’explosion des mafias et réseaux criminels a transformé l’Europe de l’Est en couloir d’approvisionnement vers l’Ouest, selon le rapport annuel de l’ONU sur la drogue publié hier. «L’Europe reste un grand marché pour les drogues illicites», et «les activités des trafiquants de drogues et des autres groupes criminels sont considérées comme une menace très grave pour la sécurité en Fédération de Russie et sont devenues un défi majeur pour la communauté internationale», avertit l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS). Cette évolution apparaît au moment où «dans certains pays d’Europe occidentale, le nombre de consommateurs occasionnels de stimulants et d’hallucinogènes est en hausse alors que celui d’héroïnomanes réguliers décroît», précise le rapport. «La route des Balkans reste l’itinéraire le plus fréquemment emprunté par les trafiquants d’héroïne comme le prouvent les saisies considérables de cette substance opérées en 1996 en Bulgarie, Grèce, Hongrie, Roumanie et Yougoslavie», précisent les auteurs du rapport, qui constatent que «cependant, c’est en Italie que les quantités les plus importantes ont été saisies». La guerre dans l’ex-république de Yougoslavie a en outre fait de la Roumanie «un itinéraire de transit important». Le cannabis demeure «la principale drogue dont il est fait abus en Europe», et il y est cultivé presque partout, en majorité aux Pays-Bas, où 180 sites de culture ont été découverts en 1996, et 500.000 plants détruits. «Les boissons et certains produits contenant du cannabis font l’objet d’une publicité essentiellement axée sur les vertus de cette substance», regrette le rapport. En dépit de l’adoption fin 1996 par l’Union européenne d’un «programme d’action communautaire sur la prévention de la pharmacodépendance», l’Europe de l’Ouest est également fragilisée par «les différences entre les politiques nationales de contrôle des drogues et la tendance actuelle visant à promouvoir la libéralisation ou la légalisation de l’usage non médical des drogues». En Europe de l’Est, «les pays progressent en ce qui concerne l’adaptation à l’économie de marché de leurs systèmes (...) pour le contrôle des stupéfiants (...) mais ils éprouvent de grandes difficultés à prévenir la propagation de l’abus de drogues illicites sur leur territoire», selon le texte. L’OICS note avec satisfaction l’adoption de lois anti-drogues en Pologne et en Estonie, mais s’inquiète du fait que «l’Albanie n’est partie à aucun des trois principaux traités internationaux relatifs au contrôle de drogues». Il salue également la tenue fin 1996 d’une conférence à Riga réunissant les trois pays baltes sur le blanchiment de l’argent. Au Belarus, en Estonie, Russie, Lettonie, Lituanie, Pologne et Ukraine, l’abus d’extraits de paille de pavot persiste, et on compte environ 500 laboratoires spécialisés dans cette activité en Russie, selon l’OICS. «Ces extraits sont généralement injectés, ce qui contribue à propager le risque de VIH», selon l’OICS. Environ 3.500 hectares de pavot à opium ont été détruits en Fédération de Russie en 1996, et 4.500 autres en Ukraine, tandis que quatre tonnes de paille de pavot étaient saisies en Moldovie, selon l’OICS. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’explosion des mafias et réseaux criminels a transformé l’Europe de l’Est en couloir d’approvisionnement vers l’Ouest, selon le rapport annuel de l’ONU sur la drogue publié hier. «L’Europe reste un grand marché pour les drogues illicites», et «les activités des trafiquants de drogues et des autres groupes criminels sont considérées comme une menace très grave pour la sécurité en Fédération de Russie et sont devenues un défi majeur pour la communauté internationale», avertit l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS). Cette évolution apparaît au moment où «dans certains pays d’Europe occidentale, le nombre de consommateurs occasionnels de stimulants et d’hallucinogènes est en hausse alors que celui d’héroïnomanes réguliers décroît», précise le rapport. «La route des...