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Baie des cochons : un rapport secret accusait la CIA

CHRONOLOGIE
23/02/1998
Dans un rapport de 150 pages maintenu secret depuis 36 ans, un inspecteur général de la CIA attribue le fiasco de la Baie des Cochons à l’arrogance, l’ignorance et l’incompétence des services secrets américains, a rapporté dimanche le New York Times. Le seul exemplaire du rapport qui n’ait pas été détruit était conservé depuis 1962 dans un coffre de la CIA, ajoute le journal. Aux termes de la loi sur la liberté de l’information, il n’a été remis que la semaine dernière aux Archives sur la sécurité nationale, organisme à but non lucratif chargé de réunir et de publier les documents officiels dont le secret a été levé. Etabli par l’inspecteur général de la CIA Lyman Kirkpatrick, le document passe au crible les raisons de l’échec cuisant de l’opération de la Baie des Cochons, en avril 1961. A l’époque, un groupe expéditionnaire d’émigrés cubains entraîné par la CIA avait débarqué sur cette partie du littoral cubain pour renverser Fidel Castro, mais avait été rapidement écrasé par les troupes de La Havane. Lyman Kirkpatrick relève une quantité ahurissante d’erreurs: énormes dépassements du budget, officiers ne parlant pas espagnol et, de manière générale, une «organisation complexe et bizarre». «Cette opération avait pris une vie autonome. L’agence allait de l’avant sans savoir précisément ce qu’elle faisait», peut-on lire dans les extraits du rapport publié par le New York Times. Les officiers de la CIA «étaient si absorbés par l’opération en tant que telle qu’ils n’en percevaient plus les objectifs ultimes », et les Cubains entraînés pour le débarquement étaient traités «plus bas que terre», poursuit le document. A l’époque, les chefs de la CIA avaient réfuté les conclusions du rapport et accusé Kirkpatrick de malveillance personnelle, écrit le journal. Pendant des années, le fiasco de la Baie des Cochons fut imputé au président Kennedy. Mais celui-ci, observait à l’époque Lyman Kirkpatrick, n’était aux affaires que depuis trois mois au moment des faits, et peut-être ne percevait-il pas tous les éléments du projet. Tout simplement parce que la CIA ne les lui avait pas exposés. Le rapporteur ajoute que la CIA a manqué à ses devoirs à l’égard du président en ne l’avertissant pas que «le succès était devenu douteux et en ne lui recommandant pas que l’opération soit par conséquent annulée». (Reuters)

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