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Actualités - Chronologie

La répression se durcit en Indonésie

Les signes d’une aggravation de la répression visant les opposants au régime du président Suharto s’accroissent en Indonésie et provoquent l’inquiétude des organisations de défense des droits de l’homme tant indonésiennes qu’internationales. Quatorze personnes, dont deux militants politiques ont disparu, probablement enlevés par les forces de sécurité indonésiennes depuis le début du mois, ont indiqué dans un communiqué trois des principales organisations indonésiennes indépendantes de défense des droits de l’homme. Human Right Watch, l’organisation internationale basée à New York, a lancé un appel au gouvernement indonésien lui demandant de prendre les mesures nécessaires afin de mettre un terme aux violences visant les biens et les personnes des Indonésiens d’origine ethnique chinoise. Cette petite communauté, jalousée, est la cible des manifestations et émeutes provoquées par les pénuries et la hausse des prix qui ont éclaté depuis un mois dans quelque 25 villes et localités d’Indonésie. Le pillage des boutiques «chinoises» se déroule souvent, selon les témoignages recueillis sur place, sous le regard placide des forces de l’ordre qui n’interviennent pas alors que des personnalités officielles ont publiquement accusé des membres de cette communauté de manquer de patriotisme, voire de fomenter des complots. De leur côté, la Fondation pour l’aide juridique, le comité indépendant de surveillance des élections et l’Institut d’étude et de défense populaire ont affirmé que «le gouvernement renforçait ses activités répressives» et que «toute réaction de la communauté était considérée comme une menace à la sécurité de l’Etat». Parmi les 14 personnes disparues figurent un professeur d’université et cinq étudiants indonésiens, six étudiants est-timorais et deux militants politiques, selon le communiqué. Ces deux militants manquants sont Pius Lustrilanang, 30 ans et Desmon Mahessa, 33 ans, directeur du bureau de Djakarta de la Fondation pour l’aide juridique vu pour la dernière fois, le 3 février dernier, en compagnie de membres des services de renseignements de l’armée. Pius Lustrilanang, secrétaire général de Siaga, un groupuscule de soutien aux deux candidats déclarés au remplacement du président Suharto, a disparu sans laisser de traces vingt-quatre heures plus tard. Amnesty International a publié un message d’alerte faisant état de son «inquiétude» à la suite de sa disparition soulignant les «craintes qu’il ait été arrêté et soit détenu au secret». Les disparitions d’opposants ne sont pas exceptionnelles en Indonésie et, à ce jour, 23 personnes sont toujours officiellement portées manquantes dans la répression des émeutes de juillet 1996 de Djakarta. Plus de 120 personnes sont également toujours portées disparues depuis les émeutes de Banjarmasin (Bornéo) en mai dernier. La pratique des disparitions et des «exécutions extrajudiciaires» en Indonésie est régulièrement condamnée par les organisations internationales et a également été stigmatisée par le département d’Etat américain dans son rapport annuel sur les respect des droits de l’homme publié fin janvier. (AFP)
Les signes d’une aggravation de la répression visant les opposants au régime du président Suharto s’accroissent en Indonésie et provoquent l’inquiétude des organisations de défense des droits de l’homme tant indonésiennes qu’internationales. Quatorze personnes, dont deux militants politiques ont disparu, probablement enlevés par les forces de sécurité indonésiennes depuis le début du mois, ont indiqué dans un communiqué trois des principales organisations indonésiennes indépendantes de défense des droits de l’homme. Human Right Watch, l’organisation internationale basée à New York, a lancé un appel au gouvernement indonésien lui demandant de prendre les mesures nécessaires afin de mettre un terme aux violences visant les biens et les personnes des Indonésiens d’origine ethnique chinoise. Cette...