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Actualités - Analyse

Le marché financier de Beyrouth a anticipé un conflit en Irak

Sans souhaiter une intervention guerrière en Irak, un conflit armé reste fort probable. Des conséquences très négatives seraient alors à envisager pour le peuple irakien au premier chef, mais aussi, d’un point de vue économique, pour la région tout entière. En fait, selon de nombreux observateurs, en cas de conflit armé, nul ne peut aujourd’hui réellement estimer l’étendue néfaste d’une telle action dans un coin du monde qui représente déjà en tant de paix une poudrière. Les mêmes experts, interrogés par «L’Orient-Le Jour» prévoient, au plan strictement économique, une tornade dans laquelle le Liban, déjà en crise, ne serait pas épargné. Une analyse de la situation permet de scinder en deux volets la situation; si l’économie nationale peut effectivement pâtir de ce conflit, les activités financières, elles, seraient protégées. En effet, les opérateurs ont déjà anticipé une crise grave et restent très «liquides». Pour la suite: il faudra acheter comme l’indique l’adage: «Au son du canon». Au Liban, la vraie crise financière se manifesterait à travers les transactions massives sur les devises étrangères et par ricochet sur la gestion des bons du Trésor, outils de la dette publique. La marasme est, en fait, passé et des ré-échéancements, dits «swaps», ont été opérés cet été. L’orage est donc loin. En outre, de l’avis de tous les experts, le chef du gouvernement et son équipe sont solidement ancrés au pouvoir; et, enfin, les banques ainsi que les autorités monétaires étant dans le même bateau, au regard de la stabilité de la monnaie et de la gestion des dettes en livres libanaises, aucune crise majeure n’est à prévoir dans les prochains mois. A moins, d’une impasse due à des éléments politiques ou d’instabilité extérieure. L’éventuel drame irakien ne pèserait donc pas vraiment sur le marché des devises au Liban, d’autant plus que les opérateurs, déjà secoués par les problèmes asiatiques, ont finalement anticipé cet événement. Des intermédiaires financiers de la place estiment que Beyrouth a déjà souffert des crises internationales. Certains, par ailleurs, confirment que si des Libanais se sont retirés du marché local, les étrangers, eux, continuent d’investir de façon très «liquide», afin d’être prêt à acheter des valeurs à leur plus bas niveau, en cas de conflit éclair: «Pour l’investisseur libanais, au Liban, seule compte la situation interne;» nous explique un responsable de la Banque centrale,» les événements externes ne pèseront jamais autant que les élections municipales à venir ou l’élection présidentielle prochaine. Ces événements sont effectivement de nature à changer le cours des choses; si, par exemple, les taux d’imposition sur le revenu ou sur le capital était changé dans la foulée d’un changement gouvernemental». Mais encore faudrait-il que le chef du gouvernement actuel soit lui-même remplacé. Dans le cas contraire, la politique de fond serait la même. Dans tous les cas, «l’intervention en Irak, même si elle est dramatique en soi, resterait un non événement au plan du marché financier et boursier local», nous confie le directeur d’un fonds de placements. Toutefois, quid des valeurs qui sont traitées à l’extérieur du pays? Les certificats de dépôts des banques libanaises, par exemple, démontrent, dès ces jours-ci, une certaine faiblesse. Les conséquences lourdes et négatives sont malgré tout à envisager surtout du côté de l’activité économique des entreprises, des secteurs productifs en général qui ont déjà bien du mal à tirer leur épingle du jeu en prise avec un marché régional composé de consommateurs dont le pouvoir d’achat global s’étiole, proportionnellement à une avancée démographique galopante et une globalisation des marchés mondiaux qui laisse peu de place à des produits moyens, même vendus à des prix avantageux. Concernant le Liban particulièrement, un économiste bien connu nous confie «sans que l’on ait réellement analysé pourquoi, à chaque fois qu’un événement vient troubler l’ordre économique de la région, c’est le Liban qui est touché de plein fouet». Les réelles conséquences ne sont pas uniquement à prévoir pour l’immédiat, mais de toute évidence pour le futur. D’autres analystes estiment que, de toute façon, même si le conflit ne dégénère pas en guerre, des resserrements d’un embargo sur la région serait de toute façon à prévoir, au moins concernant l’Irak qui reste l’un des pays où les Libanais, de tout temps, ont eu des affaires. Gérard DE HAUTEVILLE
Sans souhaiter une intervention guerrière en Irak, un conflit armé reste fort probable. Des conséquences très négatives seraient alors à envisager pour le peuple irakien au premier chef, mais aussi, d’un point de vue économique, pour la région tout entière. En fait, selon de nombreux observateurs, en cas de conflit armé, nul ne peut aujourd’hui réellement estimer l’étendue néfaste d’une telle action dans un coin du monde qui représente déjà en tant de paix une poudrière. Les mêmes experts, interrogés par «L’Orient-Le Jour» prévoient, au plan strictement économique, une tornade dans laquelle le Liban, déjà en crise, ne serait pas épargné. Une analyse de la situation permet de scinder en deux volets la situation; si l’économie nationale peut effectivement pâtir de ce conflit, les activités...