Une quarantaine de pays risquent de connaître de graves pénuries alimentaires cette année, en raison principalement des effets du phénomène climatique El Niño, a fait savoir l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). «Même si, d’après les estimations, la production céréalière des pays en développement n’a que légèrement baissé en 1997 par rapport au bon niveau de l’année précédente, le nombre des pays menacés de situations d’urgence en matière alimentaire s’élève à 37 contre 31 à la fin de l’an dernier, pour l’essentiel à cause des effets d’El Niño», souligne la FAO. Dans un rapport sur la situation alimentaire et ses perspectives, l’institution sise à Rome fait état d’une propagation des difficultés en Afrique, en Asie, en Amérique latine, dans la Communauté des Etats indépendants (CEI) ainsi qu’en Irak et en Corée du Nord. Elle énumère une série de situations de crise provoquées tantôt par des sécheresses, tantôt par des pluies accompagnées d’inondations et résultant du phénomène météorologique El Niño. L’Afrique, note l’organisation, demeure le continent exposé aux plus fortes pénuries alimentaires sous les effets conjugués de conditions météorologiques défavorables et de troubles civils qui ont frappé des pays comme le Liberia et la Sierra Leone, où la production vivrière commençait à se rétablir. Bientôt La Niña El Niño, que l’on s’attend à voir culminer avant le milieu de l’année pour se dissiper ensuite, résulte d’un courant chaud à l’œuvre dans le Pacifique au large de l’Amérique du Sud. Les problèmes qu’il fait naître risquent de persister après sa disparition avec l’arrivée annoncée d’un phénomène climatique froid baptisé La Niña. En Somalie, des pluies torrentielles liées à El Niño ont causé fin octobre des inondations aux effets d’autant plus graves qu’elles faisaient suite à une série de mauvaises récoltes et aggravaient l’insécurité qui règne dans le pays sur le plan alimentaire. Le Kenya a connu des inondations et une épidémie de fièvre de la vallée du Rift qui s’est propagée du bétail aux populations humaines en provoquant des décès en nombre important. Les effets d’El Niño ont entraîné des pertes de récoltes en Ouganda, en Tanzanie et en Ethiopie. Du fait d’un retard de la saison des pluies auquel ont fait suite des inondations, la situation alimentaire s’est précarisée au Burundi et des difficultés ont surgi au Rwanda. «Les perspectives sont incertaines pour les premières moissons de 1998», note la FAO. En Afrique australe, on redoute une sécheresse liée elle aussi à El Niño, relève encore l’organisation. La malnutrition continue par ailleurs de faire des ravages en Irak malgré une amélioration enregistrée sur le plan alimentaire après l’assouplissement de l’accord «pétrole contre vivres» entre l’ONU et Bagdad, poursuit la FAO. En Asie, une sécheresse combinée aux effets dévastateurs d’un typhon survenu après deux ans d’inondations a créé une situation alimentaire «désespérée» en Corée du Nord. Selon des organismes humanitaires, des millions d’habitants risquent d’y mourir de faim à bref délai. Des sécheresses provoquées par El Niño ont aussi affecté la production céréalière en Chine, aux Philippines, en Thaïlande, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans le Pacifique. En Indonésie, où plus de 400.000 hectares de rizières ont souffert de la chaleur et de la sécheresse, on a dû réduire les prévisions de production pour 1997 de 1,3 million de tonnes. Une vague de chaleur liée à El Niño a lourdement affecté les premières récoltes de céréales au Salvador, au Guatemala, au Honduras, au Nicaragua et au Panama, où de mauvaises prévisions météorologiques ne laissent pas prévoir d’amélioration pour les suivantes. Selon la FAO, la situation alimentaire reste préoccupante en Haïti, où la production de céréales a beaucoup baissé après une sécheresse prolongée, et des pluies torrentielles se sont abattues sur la République dominicaine. Dans les anciens Etats soviétiques, une aide alimentaire reste indispensable pour les réfugiés et les personnes âgées au Tadjikistan, en Arménie, en Azerbaïdjan et en Géorgie, ajoute le rapport. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une quarantaine de pays risquent de connaître de graves pénuries alimentaires cette année, en raison principalement des effets du phénomène climatique El Niño, a fait savoir l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). «Même si, d’après les estimations, la production céréalière des pays en développement n’a que légèrement baissé en 1997 par rapport au bon niveau de l’année précédente, le nombre des pays menacés de situations d’urgence en matière alimentaire s’élève à 37 contre 31 à la fin de l’an dernier, pour l’essentiel à cause des effets d’El Niño», souligne la FAO. Dans un rapport sur la situation alimentaire et ses perspectives, l’institution sise à Rome fait état d’une propagation des difficultés en Afrique, en Asie, en Amérique latine, dans la...