La communauté internationale a désormais les yeux tournés vers le Ghanéen Kofi Annan, ce diplomate chevronné et éminemment consensuel occupant depuis janvier 1997 le poste de secrétaire général de l’ONU et qui se prépare à une mission cruciale à Bagdad. Réputé pour sa prudence et son pragmatisme, ce haut fonctionnaire international aujourd’hui âgé de 59 ans et qui a fait toute sa carrière au sein des structures des Nations Unies — un parcours unique pour parvenir aux fonctions qu’il assume —, va, en effet, se rendre vendredi en Irak pour tenter de lui éviter des frappes aériennes américaines. Alors que son prédécesseur, l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali, n’hésitait pas à entrer en conflit direct avec les Etats-Unis, principal banquier, mais aussi débiteur de l’ONU, Kofi Annan, toujours courtois, affable, populaire au sein du personnel de l’organisation mondiale à New York, est à l’évidence l’homme du consensus. Ainsi, à l’époque où il dirigeait — du 1er mars 1993 jusqu’à sa nomination à la tête de l’ONU — le département des opérations de maintien de la paix, M. Annan avait toujours cherché à rapprocher les points de vue des membres permanents du Conseil de Sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie), tant sur la Bosnie que sur l’Afrique. De même, dans les deux crises les plus sérieuses auxquelles il a eu à faire face entre janvier 1997 et février 1998, il a attendu de connaître la position de Washington: il a avalisé les propositions américaines pour sortir de l’impasse à propos d’une enquête de l’ONU sur les droits de l’homme en République démocratique du Congo (ex-Zaïre), et il n’a décidé d’effectuer une mission à Bagdad qu’une fois connue la réponse des Etats-Unis. Kofi Annan a toutefois parallèlement pris soin de ménager l’Irak, insistant la semaine passée sur le fait qu’il ne fallait pas chercher à «humilier» ce pays, une remarque clairement destinée à Washington. A Bagdad, il ne sera pas en terrain inconnu puisqu’il avait déjà négocié le retour de quelque 900 expatriés travaillant en territoire irakien et la libération d’otages occidentaux à la suite de l’invasion en 1990 du Koweit par les troupes du président Saddam Hussein. L’année suivante, il avait persuadé le gouvernement irakien d’entamer des discussions sur le principe «pétrole contre nourriture» afin d’alléger les conséquences dans la population des sanctions internationales. (AFP)
La communauté internationale a désormais les yeux tournés vers le Ghanéen Kofi Annan, ce diplomate chevronné et éminemment consensuel occupant depuis janvier 1997 le poste de secrétaire général de l’ONU et qui se prépare à une mission cruciale à Bagdad. Réputé pour sa prudence et son pragmatisme, ce haut fonctionnaire international aujourd’hui âgé de 59 ans et qui a fait toute sa carrière au sein des structures des Nations Unies — un parcours unique pour parvenir aux fonctions qu’il assume —, va, en effet, se rendre vendredi en Irak pour tenter de lui éviter des frappes aériennes américaines. Alors que son prédécesseur, l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali, n’hésitait pas à entrer en conflit direct avec les Etats-Unis, principal banquier, mais aussi débiteur de l’ONU, Kofi Annan, toujours courtois,...
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