Canards sauvages, poules d’eau, verdiers et autres oiseaux migrateurs, naguère délaissés en Irak, représentent désormais une nourriture providentielle pour bon nombre d’Irakiens frappés d’embargo. Ces oiseaux arrivent par milliers depuis fin octobre dans les marais du sud de l’Irak après avoir parcouru plusieurs milliers de kilomètres, fuyant le froid dans les pays scandinaves, la Sibérie ou la Chine. Avant l’embargo imposé par le Conseil de Sécurité de l’ONU à l’Irak depuis son invasion du Koweit en 1990, certains oiseaux, comme les verdiers, étaient appréciés par les chasseurs amateurs pour leur plumage. Mais aujourd’hui, les oiseaux migrateurs sont recherchés uniquement pour leur viande et la chasse s’est transformée en une véritable profession lucrative pour les chasseurs et les marchands de volailles. «Nous dissimulons nos filets sous l’eau et nous répandons des graines à la surface des marais en guise d’appât», explique Nasser Abid, âgé d’une cinquantaine d’années. «Puis nous nous cachons derrière un mur ou un arbre et nous surveillons les oiseaux. Mais l’attente peut durer des jours», précise-t-il. Une aubaine «Le verdier, un oiseau des plus intelligents, est difficile à attraper, contrairement à la poule d’eau qui est plutôt stupide», indique pour sa part Abdel Mohsen Hussein, un chasseur et fin gourmet d’oiseaux migrateurs. Selon l’hebdomadaire «al-Mousawer al-Arabi», les gains des chasseurs et des marchands se chiffrent par centaines de milliers de dinars durant chaque saison de migration, qui se termine fin mars. Le dollar vaut environ 1.500 dinars. Certaines rues de Bagdad se métamorphosent en cette saison en marchés aux oiseaux. Un canard vivant de deux kilogrammes coûte environ 2.500 dinars (environ 1,6 dollar), un verdier se vend à environ 2.000 dinars et une poule d’eau à 750 dinars. Les prix des oiseaux égorgés sont encore plus bas, alors que le poulet se vend par exemple à 3.000 dinars le kilo et la viande rouge à 3.500 dinars. «Voilà pourquoi il y a une ruée sur les oiseaux migrateurs depuis 1990», explique Faraj Attiya Allaj, 47 ans, un marchand de volailles accroupi devant une centaine d’oiseaux vivants, étalés à même le sol dans la banlieue populaire de Bagdad, Saddam City. Selon lui, «entre 20.000 et 30.000 oiseaux sont vendus chaque saison de migration». Les plumes des oiseaux égorgés sont vendues aux rempailleurs et aux matelassiers. Cette manne tombée du ciel est une aubaine pour les Irakiens durement éprouvés par l’embargo et dont la nourriture est tributaire, en partie, de l’approbation par l’ONU des contrats d’achat de vivres dans le cadre de l’accord «pétrole contre nourriture». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Canards sauvages, poules d’eau, verdiers et autres oiseaux migrateurs, naguère délaissés en Irak, représentent désormais une nourriture providentielle pour bon nombre d’Irakiens frappés d’embargo. Ces oiseaux arrivent par milliers depuis fin octobre dans les marais du sud de l’Irak après avoir parcouru plusieurs milliers de kilomètres, fuyant le froid dans les pays scandinaves, la Sibérie ou la Chine. Avant l’embargo imposé par le Conseil de Sécurité de l’ONU à l’Irak depuis son invasion du Koweit en 1990, certains oiseaux, comme les verdiers, étaient appréciés par les chasseurs amateurs pour leur plumage. Mais aujourd’hui, les oiseaux migrateurs sont recherchés uniquement pour leur viande et la chasse s’est transformée en une véritable profession lucrative pour les chasseurs et les marchands de...