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Actualités - Chronologie

Sierra Leone : la découverte de la junte semble consommée

La progression vers l’ouest de Freetown des troupes de la force ouest-africaine ECOMOG, et l’interception à Monrovia d’hélicoptères transportant 25 dignitaires sierra-léonais en fuite, témoignaient vendredi de la défaite — au moins dans la capitale — de la junte au pouvoir depuis près de neuf mois. Le président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le Zimbabwéen Robert Mugabe, a été le premier vendredi à se féliciter de la chute de la junte, la mettant au crédit de la force ouest-africaine. L’offensive, lancée il y a une semaine, n’a pourtant été le fait que du seul contingent nigérian de la force, mené par son commandant en Sierra Leone, le colonel nigérian Maxwell Khobe. La poursuite des combats vendredi à l’ouest de Freetown, où les soldats nigérians de l’ECOMOG étaient rentrés jeudi par l’est, démontrait que la conquête de la capitale, annoncée la veille par le commandant en chef nigérian de l’ECOMOG, le général Timothy Shelpidi basé à Monrovia, était encore en cours. Le porte-parole de la junte, M. Allieu Kamara, avait pour sa part annoncé dans la matinée que la chute de la capitale — qu’il reconnaissait implicitement — ne signifiait pas celle du pays. Il a estimé que les forces conjuguées de la junte — armée régulière et anciens rebelles — contrôlent encore de nombreuses régions de Sierra Leone. Arrestation de 25 dignitaires L’arrestation à Monrovia de quelque 25 Sierra-léonais, dignitaires de la junte et équipages de deux hélicoptères, par les forces de l’ECOMOG confirmaient le «sauve-qui-peut» à Freetown, devenue ville ouverte. Des milliers de civils ont cherché refuge au stade ou aux abords de la concession du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Le commandant Johnny Paul Koroma, devenu lieutenant-colonel pendant qu’il dirigeait la junte, ne faisait pas partie des dignitaires interpellés à bord des deux hélicoptères, a déclaré vendredi le général Shelpidi. La veille, le commandant en chef de l’ECOMOG avait indiqué, en annonçant la prise de contrôle de Freetown par ses hommes, que les officiers de la junte «étaient en fuite dans les collines» entourant la capitale. «Ce ne sont que des va-nu-pieds et ils ne comprennent que la force», avait-il ajouté. La victoire du contingent nigérian de la force, qui a outrepassé le mandat confié à l’ECOMOG par la sous-région et qui portait sur la seule application d’un embargo sur les armes et le carburant, n’a suscité que très peu de réactions en Afrique de l’Ouest. Elle intervient moins d’une semaine avant un sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dont l’ordre du jour ne prévoit officiellement pas d’aborder la question sierra-léonaise. Avec ce coup de poker réussi, le général Sani Abacha, le président en exercice de la CEDEAO, qui avait juré la perte de la junte, espère redorer son blason, pourtant terni par les nombreuses atteintes aux droits de l’homme au Nigeria. Vendredi, plusieurs manifestations de joie ont été constatées à Conakry où sont rassemblés la plupart des adversaires de la junte, avec à leur tête le président déchu, Ahmad Tejan Kabbah, élu en mars 1996 et renversé le 25 mai dernier par les putschistes. Alors que Robert Mugabe se félicitait de la prise de Freetown par l’ECOMOG, le Liberia s’offusquait de l’interception des deux hélicoptères par l’ECOMOG dans son espace aérien, y voyant une atteinte à sa souveraineté nationale. Monrovia a d’ailleurs annoncé le rappel «pour consultation» de son ambassadeur à Abuja. Le Liberia avait été le seul pays de la sous-région à qualifier, lundi, de «lamentable» l’offensive nigériane, une critique reprise en termes plus voilés par le journal gouvernemental sénégalais Le Soleil. (AFP)
La progression vers l’ouest de Freetown des troupes de la force ouest-africaine ECOMOG, et l’interception à Monrovia d’hélicoptères transportant 25 dignitaires sierra-léonais en fuite, témoignaient vendredi de la défaite — au moins dans la capitale — de la junte au pouvoir depuis près de neuf mois. Le président en exercice de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), le Zimbabwéen Robert Mugabe, a été le premier vendredi à se féliciter de la chute de la junte, la mettant au crédit de la force ouest-africaine. L’offensive, lancée il y a une semaine, n’a pourtant été le fait que du seul contingent nigérian de la force, mené par son commandant en Sierra Leone, le colonel nigérian Maxwell Khobe. La poursuite des combats vendredi à l’ouest de Freetown, où les soldats nigérians de l’ECOMOG...