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Actualités - Chronologie

Commerce sur WEB

Le commerce électronique reste et restera une forme minoritaire de commerce mais il modifie déjà profondément les façons de vendre et de fabriquer, estime Christian Marchandise, administrateur délégué de l’Echangeur, organisme de formation et de veille technologique sur le commerce du futur. «Le commerce électronique est le moteur de la mutation même si sa part finale dans le commerce mondial restera ciblée (...) Son impact indirect sera largement plus important que sa quote-part dans la consommation mondiale», souligne-t-il dans un entretien à l’agence Reuters. Il se refuse d’ailleurs à chiffrer l’ampleur future des ventes sur Internet et juge «fantaisistes et absurdes» les chiffres couramment cités. Le rapport Lorentz remis la semaine dernière au gouvernement français avance, par exemple, le montant de 14 milliards de dollars de ventes sur Internet en Europe en l’an 2000. Le cabinet d’étude IDC parle, lui, de 57 milliards de dollars de ventes dans le monde en 2001. Concrètement, le commerce électronique accélère la mise en place de systèmes de production à la demande, le flux tendu ultime, comme le pratique Dell Computer , troisième vendeur de micro-ordinateurs dans le monde, observe-t-il. Dell réalise 5 millions de dollars de vente sur le Net chaque jour et pense faire 50% de son chiffre d’affaires sur le réseau en l’an 2000. Inquiet du succès de Dell, Compaq , premier fabricant mondial de micros, a décidé d’appliquer ce système de «production à la demande» à ses propres magasins, raconte Christian Marchandise qui partage son temps entre l’Echangeur et sa fonction d’administrateur de Be Inc, société de développement informatique implantée dans la Silicon Valley. «L’idée de production à la demande peu s’appliquer à tout. La commande du consommateur va générer la production. C’est un processus beaucoup plus court et percutant. Pourquoi ne pas le généraliser à l’ensemble du commerce?», s’interroge-t-il. «Cela ne veut pas dire que l’on s’achemine vers un self-service mondial. Vers un univers où le consommateur grâce à son écran s’adressera directement au producteur indonésien pour faire fabriquer au meilleur prix», tempère-t-il. A ses yeux, le commerce électronique deviendra le prolongement des magasins. «La notion du Web marchand est tout à fait complémentaire du magasin», dit-il en citant l’expérience de Wal-Mart , premier distributeur mondial avec un chiffre d’affaires de 110 milliards de dollars en 1997. Dans ses plus grands hypermarchés, Wal-Mart propose 80.000 produits mais offre, via son service Web disponible sur des bornes multimédias placées entre les rayonnages, 500.000 produits divers et plus de 250.000 livres. Autre exemple de mutation induite par Internet, le contact entre les distributeurs et les fournisseurs existant aux Etats-Unis qui est à des lieues de la «distribution écran» telle qu’elle est pratiquée en France. «Si je suis fournisseur d’un distributeur français, je ne sais pas grand-chose», remarque-t-il alors que le fournisseur de Wal-Mart peut savoir quotidiennement ce qu’il vend et optimiser ainsi ses promotions. Au-delà des apports d’Internet, les prochaines innovations pratiques en matière de commerce sont les caisses multimédias diffusant images et informations sur chaque produit et les étiquettes intelligentes qui permettent une mise à jour constante et le double affichage dans la perspective de l’euro, note-t-il. Mais pour Christian Marchandise, ce sont surtout les service associés à la vente qui se développeront à l’avenir avec l’appui des systèmes d’information pointus. Ces systèmes qui centralisent l’information donnée par les tickets de caisse permettent de mieux organiser les magasins et surtout de détecter des besoins inconnus. «Finalement on fait de plus en plus en sorte d’avoir des offres correspondant à la psychologie de la clientèle. On va vers une économie de service. Là où il y aura moins de caissières, il y aura de plus en plus de conseillers, de personnes tournées vers la vente», prédit-il. L’Echangeur est un groupement européen d’intérêt économique créé début 1997 par Cetelem et Laser (Lafayette Services du groupe Lafayette et regroupant plus d’une centaine de partenaires: distributeurs, sociétés de service ou instituts de recherche à l’instar de l’Inria. Son financement est assuré à 20% par des subventions de la Commission européenne, à entre 20% et 40% par son activité de formation qui s’adresse aussi bien au gérant d’hypermarché qu’à la boulangère du coin de la rue, et le reste par les contributions des partenaires. (Reuters)
Le commerce électronique reste et restera une forme minoritaire de commerce mais il modifie déjà profondément les façons de vendre et de fabriquer, estime Christian Marchandise, administrateur délégué de l’Echangeur, organisme de formation et de veille technologique sur le commerce du futur. «Le commerce électronique est le moteur de la mutation même si sa part finale dans le commerce mondial restera ciblée (...) Son impact indirect sera largement plus important que sa quote-part dans la consommation mondiale», souligne-t-il dans un entretien à l’agence Reuters. Il se refuse d’ailleurs à chiffrer l’ampleur future des ventes sur Internet et juge «fantaisistes et absurdes» les chiffres couramment cités. Le rapport Lorentz remis la semaine dernière au gouvernement français avance, par exemple, le montant de 14...