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Actualités - Chronologie

Et toque! ..

Américanisation oblige: le fast food figure désormais au menu des quatre restaurants, chaque étudiant reçoit un ordinateur portable en même temps qu’une toque et un ramasse-miettes et une partie de l’enseignement est prodiguée en anglais. Mais à l’Ecole hôtelière de Lausanne, on se défend de céder à une tendance universelle: «La marque helvétique reste de rigueur». Voire... Pendant plus d’un siècle, l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) a représenté ce que la tradition suisse faisait de mieux en la matière: former des directeurs de palaces dans la langue française, symbole du raffinement d’une certaine Europe. Aujourd’hui, la mondialisation a rattrapé la plus ancienne et la plus prestigieuse des écoles d’hôtellerie helvétiques, spécialité nationale au même titre que les montres et le chocolat, et le français est en train d’y perdre un de ses derniers bastions. Sur le campus de l’EHL au-dessus du lac de Genève, l’anglais a conquis ses lettres de noblesse dans les cours et un «fast food» a désormais sa place parmi les quatre restaurants de l’école. «Après cent ans de français, l’ouverture à l’anglais est la réponse à une demande des pays émergents de l’Asie mais même d’Europe et d’Amérique latine», dit la présidente de l’école, Mme Marion Gétaz. L’inauguration, en 1996, d’un enseignement tout en anglais parallèlement au cursus traditionnel en français n’est pas le seul changement au sein de cette institution fondée en 1893 pour répondre aux besoins nés de la découverte des Alpes par une clientèle riche et cosmopolite. L’explosion du tourisme dans de nouvelles régions du monde et la concurrence d’autres écoles hôtelières, aux Etats-Unis et ailleurs, ont forcé l’EHL à évoluer. Chaque nouvel élève reçoit aujourd’hui, en plus de sa toque de cuisinier et d’un ramasse-miettes, un ordinateur portable. L’adaptation semble réussir. Mille étudiants de 45 nationalités suivent les cours de l’EHL et ils devraient être 1.300 en l’an 2000 dans les locaux agrandis et équipés du dernier cri du multi-média. Passeport mondial Une accréditation est en cours auprès des universités américaines pour une équivalence des diplômes, tandis que l’EHL a ajouté à son enseignement des services de conseil à des entreprises et gouvernements. Enfin, le cursus de quatre ans a évolué vers une formation plus poussée en gestion et management. Même si on y épluche encore les pommes de terre, l’EHL ressemble aujourd’hui à une véritable école de commerce. Risque-t-elle de perdre un peu de son âme et de son rôle de «gardien vigilant de la qualité helvétique», comme s’inquiétait le ministre de l’Economie Jean-Pascal Delamuraz en 1993 lors de son centenaire? La direction et les élèves, qui continuent en grande majorité de venir d’Europe, dont une moitié de Suisses et un quart de Français, s’en défendent. «Nous voulons un passeport mondial, mais nous ne nous américanisons pas. La marque helvétique reste dans la rigueur de l’enseignement», dit Mme Gétaz. De manière très suisse, l’accent est mis sur une alternance de théorie et de pratique, dont deux stages de six mois chacun en entreprise. Les valeurs portent la marque locale. Excellence, mais aussi service et humilité – on n’est pas loin de la vocation – sont des mots qui reviennent régulièrement. Si l’EHL réussit à former une élite, c’est aussi parce qu’elle recrute parmi une élite. Le coût de la scolarité, tous frais compris, atteint 100.000 francs suisses (70.000 dollars) pour quatre ans... Un prix que la direction et une partie des étudiants justifient par la qualité de l’enseignement. Une enquête sur les meilleurs hôtels du monde réalisée l’an dernier par le magazine américain «Travel and Leisure» a attribué ses médailles d’or, d’argent et de bronze à l’Oriental de Bangkok, au Peninsula de Hong Kong et au Hayman Island Resort en Australie. Tous les trois sont dirigés par d’anciens élèves de l’EHL. (AFP)
Américanisation oblige: le fast food figure désormais au menu des quatre restaurants, chaque étudiant reçoit un ordinateur portable en même temps qu’une toque et un ramasse-miettes et une partie de l’enseignement est prodiguée en anglais. Mais à l’Ecole hôtelière de Lausanne, on se défend de céder à une tendance universelle: «La marque helvétique reste de rigueur». Voire... Pendant plus d’un siècle, l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) a représenté ce que la tradition suisse faisait de mieux en la matière: former des directeurs de palaces dans la langue française, symbole du raffinement d’une certaine Europe. Aujourd’hui, la mondialisation a rattrapé la plus ancienne et la plus prestigieuse des écoles d’hôtellerie helvétiques, spécialité nationale au même titre que les montres et le chocolat,...