Depuis l’assassinat de son mari Rajiv Gandhi, on appelait Sonia, sa veuve d’origine italienne, le «sphinx», car elle maintenait soigneusement le silence sur ses ambitions personnelles. En décidant de faire campagne pour le parti du Congrès, Sonia Gandhi, 51 ans, a franchi le Rubicon, ce que peu en Inde croyaient possible tant le Congrès, longtemps synonyme d’Inde, a perdu son aura. Sa candidature aux législatives a été annoncée par ses collaborateurs avant d’être officiellement démentie, à l’issue d’une réunion d’urgence du parti. Héritière de facto de la «dynastie» Nehru-Gandhi depuis l’assassinat de son mari le 21 mai 1991, cette femme altière, qui porte le sari avec élégance, vivait recluse, fortement protégée, dans un luxueux bungalow du centre de New Delhi. Elle se consacrait jusque-là à des œuvres de charité, dirigeait une fondation portant le nom de son mari, ne faisait aucune déclaration publique. On ne se rappelle que de deux interviews à la presse. Elle a toujours gardé pourtant, dans l’ombre, de par son nom même, une influence considérable sur le Congrès, le parti dont Rajiv, la mère de celui-ci, Indira, et son grand-père Jawaharlal Nehru, furent les chefs. Tout en ne faisant officiellement pas de politique, celle que l’on a surnommée l’«Impératrice douairière», la «Duchesse», la «Première Dame», la «Star», «Madame», ou simplement «Sonia», semblait faire tout ce qu’il fallait pour soigneusement entretenir la «mystique» Gandhi. Des «amis», des «proches de la famille» distillaient son opinion. Hommes politiques et journalistes étaient à l’affût du moindre «signal» venant du 10, Janpath, sa résidence. Un dirigeant étranger se devait toujours d’aller la voir, chez elle. Ce fut encore le cas en début de semaine du président français Jacques Chirac. Sa décision d’entrer en campagne l’a projetée en pleine lumière, sous le feu des critiques de ses adversaires nationalistes hindous qui la qualifient d’«étrangère», affirmant qu’elle ne doit pas être autorisée à diriger l’Inde. Bal Thackeray, chef d’un parti radical hindou, a affirmé qu’il la «respecte en tant que femme, mais ne la tolérera pas en tant que premier ministre.». Mme Gandhi, qui a pris la nationalité indienne en 1986, est en effet née Sonia Maino, le 9 décembre 1946, à Orbassano, près de Turin. Elle avait rencontré Rajiv à Cambridge, l’avait épousé en 1968 et s’était farouchement opposée à son entrée en politique après l’assassinat d’Indira. Ils ont eu deux enfants, Priyanka, 25 ans, encore plus populaire que Sonia auprès des militants du Congrès, et Rahul, 27 ans. On ne sait si elle saura faire revenir le Congrès au pouvoir, si elle sera un jour premier ministre, perpétuant la légende des Gandhi. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Depuis l’assassinat de son mari Rajiv Gandhi, on appelait Sonia, sa veuve d’origine italienne, le «sphinx», car elle maintenait soigneusement le silence sur ses ambitions personnelles. En décidant de faire campagne pour le parti du Congrès, Sonia Gandhi, 51 ans, a franchi le Rubicon, ce que peu en Inde croyaient possible tant le Congrès, longtemps synonyme d’Inde, a perdu son aura. Sa candidature aux législatives a été annoncée par ses collaborateurs avant d’être officiellement démentie, à l’issue d’une réunion d’urgence du parti. Héritière de facto de la «dynastie» Nehru-Gandhi depuis l’assassinat de son mari le 21 mai 1991, cette femme altière, qui porte le sari avec élégance, vivait recluse, fortement protégée, dans un luxueux bungalow du centre de New Delhi. Elle se consacrait jusque-là à des...