Pour être à la mode et plaire aux hommes, 80% des Béninoises utilisent des produits, le plus souvent dangereux, pour éclaircir leur peau, révèle une enquête récemment publiée à Cotonou. «Avoir un teint clair, ça me rend belle et ça m’aide à séduire les hommes», croit savoir une jeune secrétaire béninoise. Comme beaucoup, elle a choisi d’éclaircir sa peau par tous les moyens, persuadée que les hommes préfèrent les femmes à la peau claire. «C’est la faute des hommes, c’est eux qui nous poussent à nous dépigmenter», se plaint une autre jeune fille. Ce phénomène, qui existe dans pratiquement tous les pays ouest-africains, a pris de l’ampleur ces dernières années au Bénin et touche également aujourd’hui 5% des hommes, selon une enquête de l’Institut national de la statistique et des analyses économiques. A Cotonou, la plus grande partie des «Bojus», nom donné en langue fon aux personnes dépigmentées, achètent leurs produits au marché de Dantokpa, le plus important et le plus cosmopolite de la ville. Contrefaçon Selon une vendeuse de produits cosmétiques de Dantokpa, un «Boju» dépense en moyenne 90.000 FCFA (900 FF) par mois pour l’entretien de sa peau. «Celles qui ont vraiment les moyens respectent scrupuleusement les prescriptions et dépensent plus de 150.000 FCFA (1.500 FF) par mois», raconte-t-elle. «Nous confectionnons également nos propres pommades que nous vendons en pot allant de 10.000 à 30.000 F CFA (100 à 300 FF)», ajoute-t-elle. Mais une grande partie des crèmes utilisées proviennent du Nigeria voisin, connu pour fournir toute la région en produits de contrefaçon. Introduits par des contrebandiers, ces médicaments sont vendus bien moins cher qu’en pharmacie mais offrent tout de même un confortable bénéfice aux trafiquants. Les clientes les moins nanties utilisent des crèmes artisanales, faites à base de soude et d’eau de javel qu’elles n’utilisent pas sur tout le corps mais seulement sur les parties visibles, le visage, les mains et les pieds. La dépigmentation a des conséquences graves sur la santé. Elle provoque «des dermatoses infectieuses et surtout des brûlures au visage», précise le Dr Narcisse Lalihouto, dermatologue au Centre national hospitalier et universitaire (CNHU). «Certains produits fragilisent les seins et les femmes ne peuvent plus allaiter», ajoute-t-il. Selon lui, cette pratique provoque également «des cancers de la peau, l’obésité, des troubles ophtalmologiques, des dépressions nerveuses et des cas de stérilité due à un blocage du fonctionnement des ovaires». Mais lorsqu’une femme commence à utiliser des crèmes éclaircissantes, elle doit le faire toute sa vie, car toute interruption du traitement occasionne l’apparition de tâches noires et de cicatrices, explique un connaisseur. (AFP)
Pour être à la mode et plaire aux hommes, 80% des Béninoises utilisent des produits, le plus souvent dangereux, pour éclaircir leur peau, révèle une enquête récemment publiée à Cotonou. «Avoir un teint clair, ça me rend belle et ça m’aide à séduire les hommes», croit savoir une jeune secrétaire béninoise. Comme beaucoup, elle a choisi d’éclaircir sa peau par tous les moyens, persuadée que les hommes préfèrent les femmes à la peau claire. «C’est la faute des hommes, c’est eux qui nous poussent à nous dépigmenter», se plaint une autre jeune fille. Ce phénomène, qui existe dans pratiquement tous les pays ouest-africains, a pris de l’ampleur ces dernières années au Bénin et touche également aujourd’hui 5% des hommes, selon une enquête de l’Institut national de la statistique et des analyses...
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